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La Mode du jour | Gallica

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Titre : La Mode du jour

Éditeur : [s.n.] (Paris)

Date d'édition : 1925-08-06

Type : texte

Type : publication en série imprimée

Langue : français

Langue : français

Format : application/pdf

Description : 1925/08/06 (A5,N224).

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k5522644m

Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-68231

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328174690

Relation : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb328174690/date

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 06/02/2011

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EE OOEURACX ABOIS

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un cri de chouette, un aboi lointain. Ces bruits rendaient le silence plus impressionnant et plus vaste,,

L'odeur mielleuse des tilleuls en fleur lui était apportée sur l'aile de la brise, avec le parfum des prés. On en avait fauché un aux environs. Il s'en dégageait un arôme grisant, où semblait s'être concentrées toutes les haleines des fleurs terrestres.,

Geneviève demeurait atterrée devant la soudaineté et la violence des événements qui se déroulaient dans sa vie.

Ainsi, dans quelques heures, elle quitterait la maison de cet homme qui était si heureux de s'entendre appeler son parrain, qui lui avait servi de père, à qui la. loi conférait des droits sur elle, et qu'enfin elle avait promis d'épouser...

Elle le jetterait dans le désespoir.-

Il la regarderait peut-être comme une ingrate^-.,

— Mais non, se répétait-elle, je ne suis pas une ingrate... Deux issues se présentaient à moi : la fuite ou la mort.,;. Car je ne puis pas épouser mon tuteur, puisque je ne l'aime pas d'amour..., puisqu'un autre être existe dont je voudrais être la fidèle compagne, la tendre captive..., Un jour ou l'autre, fatalement, Jacques connaîtrait mon sacrifice... Il découvrirait la blessure secrète.,-.- Le remords rongerait son coeur. Quelle que soit ma volonté do me taire, de souffrir en silence, je me trahirais malgré moi...- Nous vivrions dans une atmosphère de douleur et de disharmonie... U y aurait deux malheureux rivés à une chaîne de mensonges, deux malheureux qui essayeraient de se nourrir d'illusions.-.-.

« Si je m'efface, si je m'évade de la vie de celui qui m'a servi de père, il épousera cette jeune fille qui l'n.dore, i! m'oubliera, il sera heureux...,

a Mais je n'ai pas le droit, moi, d'être heureuse.,;.

« Je ne veux pas que mon parrain puisse dire : « Elle- m'a délaissé pour épouser un autre homme... Elle m'avait promis d'être ma femme, elle m'a trahi ; elle n'est pas ,cel, être de- noblesse et de droiture sur qui j'espérais pouvoir m'appuyer..., » i « J'ai cru, j'ai eu la faiblesse de croire, ■pendant quelques instants, que le triomphe 'de miss Ellis me rendrait ma liberté, que je pourrais bâtir ma vie à ma guise, épouser celui qui m'aime et que j'aime...

U ne faut pas que mon cher Jacques sache que j'aime un autre homme..,. Il ne

faut pas que mon sacrifice paraisse intéressé, il ne faut pas que la loyauté de sa filleule puisse être mise en doute...

s Je iiie retire pour qu'il soit heureux, et non pour cultiver un détestable égoïsme.,

Geneviève rentra dans sa chambre et tourna un commutateur. Fournie par la force du 'torrent, l'électricité jaillit au-dessus d'une petite table qui lui servait de bureau,.

Elle saisit une plume et, d'un seul jet, couvrit plusieurs pages d'une écriture à la fois souple et ferme, dont tous les caractères trahissaient une nature de tendresse et de franchise.;

« Mon parrain, mon cher parrain,

« Votre petite fille va vous faire beaucoup de peine et c'est peut-être la première qu'elle vous causera...

« Mais soyez persuadé qu'elle n'obéit qu'à un sentiment sérieux et qu'elle veut votre bonheur..-.,

€ Mon parrain, ce n'est pas moi qu'il faut épouser, c'est miss Amy Grâce...-

« Et je suis si certaine que celte jeune fille vous apporte le bonheur que moi, votre fiancée, je n'hésite point à m'effacer, à lui céder la place...

« Mon-parrain, vous m'avez plus d'une fois demandé des conseils... Vous m'avez bien souvent répété que j'avais du jugement et du bon sens..., Vous m'avez toujours écoutée...; Il faut «ncore m'écouter aujourd'hui...

« Je vais encore être très franche avec vous, mon cher parrain...

« Je vous aime de fout mon coeur, plus qu'on n'aime un tuteur, je vous aime autant que j'aimais mon pauvre papa... On ne peut pas aimer un papa, un vrai papa, plus que je ne vous aime... Mon affection est faite de gratitude pour toutes vos bontés, d'admiration — oui, mon parrain, le mot n'est pas trop fort — d'admiration et de fierté pour foutes vos qualités, pour votre façon chevaieresque de comprendre- la vie, pour votre intelligence, votre goût si sûr, votre esprit, votre allure..3

« Oui, mon parrain,, je suis très fiôre de vous...

« J'étais très contente quand je voyais que les femmes vous regardaient, danl la rue, .au restaurant, au théâtre.... ]

« Mais je n'étais pas jalouse, méchamment jalouse, car, voici le grand point, mon cher parrain : je vous aime comme une petite fille aime son papa.g.