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La Mode du jour | Gallica

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Titre : La Mode du jour

Éditeur : [s.n.] (Paris)

Date d'édition : 1925-08-06

Type : texte

Type : publication en série imprimée

Langue : français

Langue : français

Format : application/pdf

Description : 1925/08/06 (A5,N224).

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k5522644m

Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-68231

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328174690

Relation : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb328174690/date

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 06/02/2011

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liE CCE U R AUX A B OIS

jîaurez rencontré un être 'digne de vous... /Si j'épouse M. de Mauvaires"vous ne nous quitterez pas, vous serez nia soeur, el, I quand vous vous marierez, vous me per' mettrez de vous doter...

— Mademoiselle, répondit Geneviève, je n'accepterai point un tel salaire.;,. Si je consens à ne pas faire valoir mes droits de fiancée, c'est parce que je" crois que votre amour est plus fort, plus digne de respect que le mien...

— Je n'ai pas voulu vous offenser..., iVous ne pouvez point m'empêcher d'admijrer votre noblesse de caractère..;. Votre renoncement mérite non seulement tous les respects, mais toutes les compensations...,

Un petit remords se glissait dans le coeur de Geneviève.; Si elle se montrait si accommodante envers sa rivale, n'était-ce point parce que le traité de paix qu'on lui iproposait servait ses désirs ? N'était-ce jpoint parce quelle entrevoyait la possibilité d'épouser Fernand Banizet ?

Ce que miss Amy Grâce appelait un ■renoncement n'était pas un acte purement .désintéressé.- La loyauté de Geneviève se cabrait à l'idée d'en tirer profit.

— Ne parlons pas de cela, dit-elle.:

— Si, au contraire, parlons-en.;..- Vous avez un foyer, vous devez le conserver.,

iiVous devez vous y sentir plus choyée, plus 'en sécurité que jamais.;-., S Geneviève demeura silencieuse pendant (quelques secondes, le regard perdu dans "es lointains de la vallée du Thaurion. Elle releva la tête tout à coup ; son gracieu< jvisage. si gai et si frais, se durcit sous un 'masque de volonté.;

! — C'est entendu, mademoiselle, dit-elle, i'je serai votre alliée. Je m'incline devant ;Ja sincérité, la force de votre élan.r. Mais ■il me serait difficile de vivre entre vous et M.; de Mauvaires. si ce mariage se réalise... Du moins, tout de suite... Plus tard, peut-être, quand je >ae serai habituée à .cette situation, quand la blessure sera cicatrisée...; Car, moi aussi, j'aime M. de Mauvaires... Et je souffre- surtout de la peine que je vais lui faire.,>-

— Je vous devrai une gratitude éternelle..-.,

— Je vous demande seulement de me procurer du travail... On veut m'accorder quelque talent de pastelliste... Ne pourraisje pas, en Amérique?...

— On m'a dit que vous aviez du talent... iVons partirez quand il vous plaira pour les Etats-Unis...;. Là-bas, vous ferez les

portraits de mes amies..^ Je vous le garantis d'avance"..., Les artistes français sont très bien accueillis chez nous, surtout quand ils sont recommandés par des VQVsonnes de la société élégante... Vous pourrez aussi vous occuper de mettre mes collections en ordre. J'ai acheté beaucoup de livres, d'estampes, de tableaux, parfois un peu au hasard... Tout cela aurait besoin d'être classé, vérifié, r.-

-^ Mademoiselle, pourrais-je parlir,.B tout de suite ?...

— Tout de suite ?'...■

— Ce soiiv..- Demain... Votre triomphe ne peut être assuré que par mon départ...

■— Oh ! mon Dieu, vous pousseriez le sacrifice à ce point ! s'écria miss Amy Grâce, inondée de joie et de surprise.

— J'ai conscience, en agissant ainsi, de travailler pour le bien de M. de Mauvaires.,- Il souffrira d'abord..:. Il souffrira beaucoup, j'en ai peur..-. Mais vous lui apporterez ie dictame... Et il reconnaîtra, plus tard, que j'ai eu raison... Si vous m'assurez que je puis gagner ma vie par mon travail, en Amérique, je pars..,

— Je vous l'affirme...,

— Je vous demanderai simplement de m'avancer l'argent de mon voyage^.,

— Mais, voyons, cela va de soi !.;,.■

— Et pas un mot de tout cela devant mon parrain...; Dites-lui que nous avons longuement causé, que nous réfléchirons, l'une et l'autre, et que nous aurons un entrelien définitif demain matin.,> J'écru rai, ce'tte nuit, une lettre que je vous doiu: nerai el que vous remettrez à M. de Mauvaires.-.-. Vous la lirez, d'ailleurs, avant de la lui remettre.,-,. Je lui dirai, en principe, que c'est dans mon affection pour lui que je puise ce conseil : « Epousez miss Ellis., »

— Mais pourquoi faites-vous cela ? demanda miss Amy Grâce, qui s'attendait à une âpre lutte et dont le coeur fondait d'admiration.

— Parce- que vous l'aimez mieux que moi, dit gravement Geneviève Murcyle,,

CHAPITRE XI

COEUR GÉNÉREUX

Accoudée à la fenêtre de sa chambre, Geneviève écoulait le ronronnement du torrent, auquel se mêlait de temps à autre