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La Mode du jour | Gallica

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Titre : La Mode du jour

Éditeur : [s.n.] (Paris)

Date d'édition : 1925-08-06

Type : texte

Type : publication en série imprimée

Langue : français

Langue : français

Format : application/pdf

Description : 1925/08/06 (A5,N224).

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k5522644m

Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-68231

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328174690

Relation : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb328174690/date

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 06/02/2011

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LE COEUR AUX ABOIS

. — Mademoiselle, dit miss Amy Grae'ëj ce que j'ai à vous dire est à. la fois très: simple et très étrange. Ma loyauté fera' p.éytrdiï-è excuser ce que ma démarche semblé avoir dé téméraire, ,7 'aime M;*- de Mâuvàifês. Vous aimez M* de Mauvaires. Je ne vous demande point de me céder îa place, de vous incliner devant moi : loin de là.i Je veux même que vous oùbliies ctui je suis. Les millions de mon père ne sauraient être invoqués ici. Ils ne comptent point dans ce débat.. Une seule chose compte : c'est le coeur.., Or, ne croyez^vous pas, mademoiselle, que celle qui aime le mieux, le plus profondément, doit avoir plus de droits que l'autre?.™

—* J'aime très sincèrement M._ de M air* vaires, dit Geneviève,,

*— Moi, mademoiselle, j'aime M., de Mauvaires à un point tel qu'il m'apparaît que je suis destinée, de toute éternité, à devenir sa femme. Vivre loin de lui, c'est vivre dans les ténèbres, c'est épouser la mort. J'ai refusé, mademoiselle, les plus beauxpartis. J'aurais pu entrer dans des familles royales, voir s'ouvrir devant moi les cours les plus aristocratiques.. Mais je ne voulais ppint qu'on me prît pour mon argent,. J'ai senti chez M.; de Mauvaires je ne sais ■ quelle grandeur d'âme, je ne sais quelle noblesse de coeur et d'esprit, de la générosité, du Qe3îîii,éressement^ toutes choses que je ft.'avais point rencontrées chez mes prétendants. M.-, de Mauvaires est un véritable gentilhomme. Je pourrais ajouter qu'il y 3 encore en lui une grâce française qui s'allie admirablement a ses qualités morales.. Enfin, mademoiselle, consacrer tous mes instants au bonheur de M. ie Mauvaires me paraît le sort le plus enviable ; être son esclave reconnaissante, moi qui suis adulée, n'exister que par lui et que pour lui, ne vivre que dans son ombre, faire joyeusement abandon de ma fortune, si épouser une femme trop riche violente sa délicatesse, voilà ce que je suis prête à

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que moi?

Miss Âmy Grâce tourna vers Geneviève des yeux interrogateurs, que magnifiait une angoisse suppliante^ Leur gris "de lin se îOnçait tout en devenant plus lumineux.) Soudain, une expression de souffrance tragique les traversa. Ils devinrent émouvants comme un ciel d'orage. Miss Amy Grâce cacha son visage dans ses mains. Sa peine creva en longs sanglots convulsifs.

Ses épaules se soulevaient d'un mouvement

mouvement Ses boucles blondes tremblaient sur son cou et sur ses joues comme des grappes secouées par le vent.

Geneviève l'attira près d'elle, remuée par cette humble douleur. Ainsi, cette Sers jeune fille, si riche, si puissante, à qui mil caprice n'était refusé,'" confessait sa faiblesse dans les larmes et l'imploration !,-..-

Geneviève la orit dans ses bras et l'erribrassa tendrement..

— Ma pauvre petite ! dit-elle avec Une pitié infinie.

Les pleurs de la blonde mouillaient les joues de la brune.;

^ Je vous en conjure, s'écria' miss Aïny Grâce, parlez-moi sans détour ! Si vous l'aimez mieux que moi, je m'effacerai, je disparaîtrai... Mais si vous pouvez supporter, sans perdre le goût de la vie, d'être séparée de lui, laissez-le-moi..3

Elle voulut se mettre à genoux.,

Geneviève l'en empêcha.,

Si miss Amy Grâce avait parlé avec hau" leur, avait fait tintinnabuler son or, Geneviève lui eût répondu sans ménagements : « M.-, de Mauvaires sait à qui il a affaire.; Adressez-vous à lui., »

Mais ejle se trouvait en face d'un être plaintif et désarmé, qui joignait les mains, qui tombait à genoux*.,

Geneviève s'interrogeait avec une, âpre sincérité,, '

— Certes, songeait-elle, son amour est plus fort que le mien... J'aime mon tuteur, d'affection, je l'aime comme on aime son père..., Mais je ne l'aime pas avec la volonté vigoureuse de devenir sa femme.j-., C'est Fernand Banïzet que je voudrais épouser.... Et si l'une de nous deux doit se sacrifier, ce n'est pas moi, qui ne suis pas la plus

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Elle trouva le courage de l'avouer à miss Amy Grâce.,

Elle concevait que Jacques de Mauvaires pourrait être heureux auprès de l'Américaine. Elle l'entourerait d'une tendresse cievctieusc. ,L.£ lOrtune us .sa femme- lui permettrait de satisfaire ces -goûts de luxe raffiné qu'il avait hérités d'un long passé aristocratique. Il pourrait jouer ce rôle de grand seigneur mécène pour. lequel il était tout désigné.

— M. de Mauvaires choisira, dit Geneviève. Je ne veux point qu'il se croie lié vis-à-vis de moi.»,

— Et moi, je ne veux pas que votre sncrifice reste sans récompense... Vous vous marierez selon votre goût, quand vous

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