Plus de 1 400 journaux publiés et diffusés clandestinement par la Résistance entre 1940 et 1944 sont aujourd’hui répertoriés. Les plus célèbres d’entre eux présentent des caractéristiques communes en termes de longévité, de tirage ou de diffusion qui les distinguent de la plupart des autres journaux. Pour cette raison, ils font l’objet ici d’une présentation particulière. Sont regroupés ici des journaux de mouvements de Résistance (Combat, Défense de la France ou Libération) de partis politiques (L’Humanité pour le PCF ou le Populaire pour la SFIO) de syndicats (La Vie ouvrière), des journaux d’informations et d’opinions, mais aussi des revues de réflexion politique (La Pensée libre). Ces journaux figuraient parmi ceux qui disposaient des meilleurs outils d’impression, des plus forts tirages (Franc-Tireur aurait tiré à 165 000 exemplaires au printemps 1944) et d’une forte diffusion. Leur notoriété n’était pas due qu’à leur capacité à braver dans le temps les forces de répression vychistes ou nazies (Franc-Tireur avait comme sous-titre « Mensuel dans la mesure du possible et par la grâce de la Police du Maréchal »), mais bien au caractère inédit et percutant de l’information délivrée, qui prenait le contrepied de la propagande relayée par la presse autorisée et des journaux collaborationnistes. Malgré des moyens souvent dérisoires, leur impact politique fut important dans l’évolution des opinions durant la guerre.