La presse féministe, que l’on différencie de la presse féminine par son contenu axé sur la  revendication des droits des femmes, apparaît à la Révolution et s’est développée à chaque période révolutionnaire (1830, 1848).

A partir de 1830, la double brèche ouverte par la révolution dite des Trois Glorieuses et le saint simonisme qui revendique l’égalité des sexes permet à des femmes, plus ou moins proches des saint-simoniens, de participer au développement d’une presse féministe avec des titres comme La Femme libre. Apostolat des femmes,  créé le 15 août 1832, qui devient La Tribune des femmes en 1833.

A quelques exceptions près, ces journaux sont le plus souvent publiés par des femmes, comme La Politique des femmes qui est édité en 1848 par un groupe d’ouvrières, La Femme de France « rédigé par un comité de femmes » en 1879 ou comme L’esprit de la femme créé en 1890 et dont la directrice choisit de prendre un pseudonyme masculin.

Cette presse prend son essor avec la Troisième République, qui voit se multiplier les associations féministes qui font souvent le choix de se doter d’un journal pour diffuser leurs revendications et communiquer avec leurs membres, comme la grande fédération féministe le Conseil national des femmes françaises fondée en 1901 ou la Fédération féministe universitaire créée en 1907. Elle accompagne aussi le développement d’un mouvement féministe international (Jus Suffragii, En vigie…).