Apparus dans le sillage des quotidiens à la fin du XVIIIème siècle, les hebdomadaires s’adressent dans un premier temps à un public d’érudits et de curieux, et se spécialisent sur un champ particulier, scientifique ou littéraire : Journal des savants, ou les Ephémérides du Citoyen.

Après la Révolution française, le besoin d’information et la volonté d’expression d’une opinion publique ne se démentent pas, même sous la censure de l’Empire et de la Restauration. Le développement du télégraphe à compter de la monarchie de Juillet permet une meilleure collecte de l’information en temps réel. Plus que le quotidien, l’hebdomadaire donne alors le temps nécessaire de à réalisation d’illustrations et à leur reproduction. Il contribue à l’essor d’une presse illustrée, puis satirique, le dessin tentant par la caricature de contourner la censure politique. C’est l’âge d’or de l’Illustration, inspiré de l’Illustrated London News, ou du Magasin Pittoresque

Sous l’Empire, républicains, libéraux et socialistes utilisent l'hebomadaire de manière privilégiée à des fins d’opinions et de propagande, voire de pédagogie : moins centré sur l’actualité immédiate, il permet de courts reportages et des articles de fonds. Aventure économique encore incertaine, beaucoup de titres sont éphémères, faute d’atteindre un public assez large.

Avec la loi du 10 juillet 1881, la presse connaît un essor sans précédent qui accompagne les progrès de l’alphabétisation dont le journal devient un support important. Avec l’augmentation des publics et la concurrence des journaux, de nouveaux thèmes s’imposent dans les rubriques des quotidiens : sport, mode, loisirs, voyage ou aventures, qui conduisent à la création de suppléments hebdomadaires illustrés à Paris (Le Petit Parisien, Le Petit journal) ou en région (par exemple, Le Courrier du Nord illustré). Mais plus encore, des hebdomadaires thématiques se multiplient à la fin du XIXème siècle et au début du XXème : L’œil de la Police, La Fronde, ou Le Vélo, autant de thèmes demandés par les lecteurs. L’affaire Dreyfus attise les rivalités entre hebdomadaires illustrés (Le Grelot), alors que la presse satirique connaît une première apogée avec L’Assiette au beurre, les Hommes du jour, ou sur fond de question laïque, Le Corbeau.

La photographie s’empare littéralement de ce médium et permet le succès du Miroir, notamment pendant la Première Guerre mondiale. L’hebdomadaire illustré conteste ainsi la primauté du quotidien d’information, en perte de vitesse après 1918, pour devenir un véritable magazine illustré durant l’entre-deux-guerres. Des éditeurs de presse, comme Lucien Vogel, révolutionnent le genre avec des maquettes construites autour de la photographie, Vu, auxquels répondront des journaux créés par Jean Prouvost (Match, ou Marie-Claire), ou des magazines d’inspiration communiste Regards, dans lequel Capa, et Gerda Taro publieront leurs photographies de la guerre d’Espagne. La presse magazine illustrée s’étoffe alors, avec l’apparition d’autres périodicités de publication : bimensuels, mensuels et trimestriels. Sous l’occupation et le régime de Vichy, peu de nouveaux hebdomadaires s’installent durablement. Si ce n’est le titre nazi Signal, peu de journaux de la Résistance arrivent à publier à cette fréquence, à quelques exceptions près comme L’Université Libre ou La Vie Ouvrière. A la libération, le paysage de la presse sera totalement bouleversé, avec notamment l’essor de la presse jeunesse.