Le département de la Musique de la BnF conserve un ensemble considérable de manuscrits autographes de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), la plus importante collection après celles détenues à Salzbourg, ville de naissance du compositeur, par l’Internationale Stiftung Mozarteum, et à Berlin par la Staatsbibliothek. La plus grande partie des manuscrits de la BnF proviennent du legs que fit le collectionneur Charles Malherbe (1853-1911) en 1911 à la bibliothèque du Conservatoire de Paris, aujourd'hui partie intégrante des collections du département de la Musique. Mais d’autres origines remarquables témoignent du culte grandissant pour le compositeur dans la seconde moitié du XIXe siècle.

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Naissance du culte mozartien et sources diverses

Les trois séjours de Mozart en France, entre 1763 et 1778, n’ont pas durablement marqué l’esprit des Français. Le jeune prodige de 8 ans a cependant laissé son empreinte avec sa première édition musicale réalisée à Paris, dédiée à Madame Victoire, fille de Louis XV, dont l’exemplaire de la Princesse est conservé au département de la Musique de la BnF (Sonates pour clavecin et violon K. 6 et 7).

Il faut ensuite attendre 1793 pour voir la création par l’Opéra de Paris du Mariage de Figaro, arrangement et traduction des Noces de Figaro, et surtout, en 1801, celle des Mystères d’Isis, grand opéra inspiré de La Flûte enchantée, qui font véritablement découvrir la musique de Mozart aux Français.

La collection Malherbe

Réunie à partir du milieu des années 1880, la collection de Charles Malherbe est remarquable par son importance : plus de cinquante manuscrits dont près de quarante autographes de Wolfgang Amadeus, quelques manuscrits de la main de son père, Leopold Mozart (1719-1787), et également du fils de Mozart, Franz Xaver Wolfgang (1791-1844).

Charles Malherbe, musicologue, archiviste de la bibliothèque de l'Opéra, compositeur, rassembla un exceptionnel ensemble d’autographes de musiciens, des plus illustres, tels Beethoven, Schubert, Mendelssohn, Berlioz, Chopin, et de moins connus voire d’obscurs compositeurs, collection qu’il légua intégralement à la bibliothèque du Conservatoire de musique de Paris. La diversité des manuscrits de Mozart qu'il réussit à acquérir fit de lui l’un des spécialistes du compositeur au tournant du siècle, particulièrement dans les domaines de l’authentification des œuvres et de la graphologie. La création de la Société Mozart en 1901, dont Malherbe était l’un des membres fondateurs, témoigne d’ailleurs du phénomène de sacralisation du compositeur autrichien de la part des mélomanes français, qui se passionnaient pour les œuvres inédites et leurs manuscrits.