Indispensable à la diffusion de l’œuvre sonore dans l’espace et dans le temps, la notation musicale apparaît dès le Moyen Age avec les livres de choeur, les codex et chansonniers ; elle évolue avec l’apparition de la musique polyphonique pour se fixer quasi définitivement au XVIe siècle, composant un langage unique et universel. Les différentes voix composant l’oeuvre sont d’abord éditées en regard comme dans les livres de chœur, puis sous forme de parties séparées (chansons et madrigaux, puis airs de cours), avant d’être finalement regroupées au XVIIe siècle dans une partition destinée à servir de conducteur.

Si la copie manuscrite reste à l’honneur chez les grands amateurs (cf. la collection copiée par Philidor pour le comte de Toulouse), le procédé d’impression typographique, apparu en Italie en 1501, se modernise avec la gravure et assure une très large diffusion du répertoire savant (religieux, théâtral ou instrumental), comme d’un répertoire plus populaire (chanson populaire, politique ou patriotique). Le XIXe siècle marque l’apogée de l’édition musicale, qui correspond à une pratique familiale ou sociale très importante à tous les niveaux de la société, comme en témoigne le répertoire pour piano, pour lequel sont transcrits tous les airs ou morceaux à la mode. Des albums de chansons, richement illustrés, sont ainsi proposés en étrennes par les grandes revues musicales, tandis que se développe pour la production en feuilles l’ajout d’une couverture illustrée, signée parfois de grands noms des arts graphiques, dont le sujet s’inspire de l’esthétique de l’époque ou de thèmes d’actualité.

Parallèlement à l’imprimé, la partition manuscrite , autographe ou non, tout comme les parties constituant le matériel d’orchestre, annotées et enrichies pour l’exécution, restent des témoins privilégiés, souvent émouvants, de la genèse d’une oeuvre et de ses différents avatars, tout en constituant un objet esthétique appréciable en soi.