Le comte François Chandon de Briailles (1892-1953), descendant des fondateurs de la fameuse maison de Champagne, a légué au Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale ses collections de monnaies grecques classiques (les monnaies archaïques et hellénistiques sont passées en vente publique en 1959) et de monnaies impériales et coloniales du Proche-Orient, soit au total 2032 exemplaires. A cela s'ajoutaient des bulles et sceaux de l'Orient latin, des pierres gravées antiques, un médaillier indochinois en laque du début du XXe siècle et divers objets.

L’ensemble du legs est entré au département le 23 février 1953 sous le numéro d'inventaire Y 23455 bis et a fait l'objet d'un inventaire manuscrit achevé au mois d'août 1956 (cote 106). La collection fut enfin complétée le 4 mars 1960 par l'achat auprès de Monsieur Boutin de 59 pièces, majoritairement séleucides, provenant de la collection Chandon de Briailles (numéros d'inventaire R 1672 à 1730). Le fonds Chandon de Briailles est à ce jour conservé dans un médaillier à part.

Le comte Chandon de Briailles avait fait des études de lettres et de droit. Partageant son temps entre la gestion de ses terres et les affaires publiques (il fut maire de Chaource, dans l'Aube, de 1923 jusqu'à sa mort), ses goûts le portaient également vers l'archéologie et l'héraldique.  Sa collection de monnaies grecques, pourtant d'importance, ne semble pas lui avoir inspiré de publication. Quand à la collection de monnaies romaines provinciales du Proche Orient, sa constitution et son accroissement doivent beaucoup aux nombreux séjours au Liban du comte ainsi qu'à l'influence d'Henri Seyrig. Les séries provinciales romaines du Levant sont de ce fait particulièrement bien représentées avec pas moins de 412 monnaies de Séleucide et Piérie et 332 pièces de Phénicie. Nombre d'exemplaires d'un intérêt tout particulier ont fait l'objet d'échanges de lettres entre le comte Chandon et Seyrig, voire de publication par ce dernier.