Dès le début de sa carrière, Christine de Pizan s'emploie à critiquer le roman courtois. Cette attaque prend la forme de récits fictionnels, dans lesquels des amants racontent leurs mésaventures amoureuses, débattent de certains états amoureux... Christine s'y met même parfois en scène pour donner du poids à ses arguments. Elle dénonce les codes du roman courtois en les parodiant. Si ces récits soulèvent des questions morales, Christine évite d’adopter une posture didactique. Elle prétend n'être qu'un témoin, présente des situations, des dilemmes amoureux, qu'elle ne tranche pas, les laissant au bon jugement du lecteur. Sa critique porte surtout sur l’aspect misogyne d'un idéal courtois formulé par des hommes, qui réduit toutes les femmes à un idéal féminin quand il ne les accuse pas d'inconstance ou de cruauté.

Ainsi, cette attaque contre les conventions du roman courtois constitue-t-elle déjà un plaidoyer en faveur des dames. Lorsqu'éclate la Querelle du Roman de la Rose, la défense des femmes prend un tour polémique.

Epistre au dieu d'Amours

Cette épître de 1399, qui prend la forme d’une adresse au dieu Amour, peut s'inscrire dans la Querelle sur le Roman de la Rose. Elle est l’occasion d’attaquer les codes misogynes de l’amour courtois,  les hommes trompeurs et infidèles et de prononcer une défense des femmes. Cette première dénonication publique de la misogynie connaît un tel retentissement qu'elle est traduite en anglais avant 1410.

Trois témoins conservés au département des Manuscrits ont été numérisés : manuscrits Français 604, Français 835, Français 12779.

Dit de Poissy

Ce texte, rédigé vers 1400, met en scène un voyage de Christine au couvent de Poissy pour rendre visite à sa fille. Il rapporte en particulier un débat amoureux entendu sur la route entre un jeune homme et une jeune femme. Chacun explique les motifs de sa tristesse et prétend avoir les meilleures raisons de se lamenter. Christine de Pizan ne tranche pas la question, proposant d'en appeler au dédicataire de l’œuvre.

Trois témoins conservés au département des Manuscrits ont été numérisés : manuscrits Français 604, Français 835, Français 12779.

Trois Jugemens

Cet ouvrage, composé en 1400, présente trois situations amoureuses, qui abordent toutes les questions de constance, de fidélité et de pardon. Les trois histoires sont soumises au bon jugement du sénéchal de Hainaut, dédicataire de l'oeuvre.

Trois témoins conservés au département des Manuscrits ont été numérisés : manuscrits Français 604, Français 835, Français 12779.

Debat de deux amans

Au cours d’une fête donnée chez le duc d’Orléans, deux hommes, l’un ayant vécu un échec amoureux, l’autre vivant de passions, débattent de leur vision respective de l’amour. Le texte, rédigé entre 1400 et 1402, est l’occasion de décrire les nuances du sentiment amoureux.

Quatre témoins conservés au département des Manuscrits ont été numérisés : manuscrits Français 604, Français 835, Français 1740, Français 12779.

Dit de la pastoure

Dans ce texte, composé en 1403, une bergère relate ses amours avec un seigneur. Les descriptions des paysages et occupations pastoraux sont aussi précises que celles de l’évolution de son sentiment amoureux. Le récit se clôt sur la désillusion de la jeune fille.

Trois témoins conservés au département des Manuscrits ont été numérisés : manuscrits Français 836, Français 2184, Français 12779.

Duc des vrais amans

Le Duc des vrais amans est écrit vers 1404-1405 dans la prolongation de la Querelle du Roman de la Rose. Mélangeant les vers et la prose, présentant des voix féminines discordantes, le texte se présente comme une éducation sentimentale.

Un témoin conservé au département des Manuscrits a été numérisé : manuscrit Français 836.