Les principaux scriptoria associés à la renaissance carolingienne développent une culture et un style propre. L'abbaye de Corbie participe à la révolution qu'incarne la naissance de l'écriture caroline et à la transmission des auteurs de l'Antiquité classique et des Pères de l'Église. Réceptacle de la générosité impériale et centre de culture, Saint-Denis se situe au cœur des échanges à travers l'Europe. L'abbaye Saint-Martin de Tours, où Alcuin établit vers 800 une nouvelle version de la Bible, produit les Évangiles de Lothaire avant 851.  Les scriptoria de Reims symbolisent le renouveau de l'art classique. Saint-Amand, enfin, est le foyer du style franco-saxon, illustré vers 871-877 par la célèbre Bible de Charles le Chauve.

Scriptorium de Corbie

C'est à la fin du VIIIe siècle que les moines de l'abbaye de Corbie mettent au point de nouvelles formes d'écriture qui aboutiront, après quelques tâtonnements, à la minuscule caroline. Petite et cursive, cette minuscule économise à la fois le parchemin et le travail du copiste. A la fin du neuvième siècle, l'écriture partiquée à Corbie est une minuscule hoarmonieuse et parfaitement proportionnée qui intègre les aspects les plus novateurs de l'écriture caroline.

Scriptorium de Saint-Martin de Tours

La réforme de l'écriture lancée sous Charlemagne porte pleinement ses fruits à Tours, où les scribes pratiquent une minuscule qui se distingue par ses formes parfaites : la caroline de Tours.

Scriptorium de Saint-Rémi de Reims

Dans le scriptorium de Reims fondé par l'archevêque Hincmar, on pratique une écriture au petit module régulier et ferme : l'écriture rémoise permet de réduire une page en onciale à une seule colonne en caroline.

Scriptorium de Saint-Amand

L’abbaye de Saint-Amand-en-Pélève se spécialise dans la production de manuscrits liturgiques de luxe. Deux familles de manuscrits ont été attribuées à ce scriptorium, l'une constituée de sacramentaires, l'autre d'évangiles. La seconde Bible de Charles le Chauve constitue le fleuron de cet ensemble. Vers la fin du IXe siècle, le scriptorium de Saint-Amand s'est également illustré grâce à l'exécution d'Apocalypses.

Scriptorium de Saint-Denis

Actif dès le VIIIe siècle, le scriptorium de l’abbaye de Saint-Denis pratique une minuscule caroline à l’exécution très régulière reconnaissable à la panse supérieure des g, plus arrondie que celle du bas qui paraît écrasée.  A partir du milieu du IXe siècle, apparaît un point d’interrogation caractéristique, formé d’un trait ondulé et de deux points.