Le Roman de la Rose s’est diffusé par diverses voies, de la copie privée aux commandes princières, en passant par le commerce de la librairie. Les ateliers de production de livres manuscrits se sont en effets multipliés au XIIIe siècle, dans les centres urbains, au fur et à mesure que s’étendait le lectorat potentiel. Le Roman de la Rose connaît un énorme succès, rapide et durable, devenant l’œuvre la plus célèbre du Moyen Âge, avec quelque 250 copies manuscrites connues.
Le Moyen Âge ignorant la propriété intellectuelle, le Roman de la Rose a fait l’objet de plusieurs citations par des auteurs ultérieurs. Le Roman de la Rose a même fait l'objet de moralisations, c'est-à-dire de commentaires venus transcender les intentions, pourtant proclamées par Guillaume de Lorris et Jean de Meun, de pénétrer les arcanes du rêve érotique: Jean Molinet a ainsi donné sa propre interprétation du Roman de la Rose en lui donnant une portée plus spirituelle.

Gui de Mori

Dès les années 1290, le religieux Gui de Mori remanie le Roman de la Rose dans un sens chrétien et en soustrait les passages scabreux. Soucieux de n’apporter au texte de Guillaume de Lorris aucune modification que le lecteur ne puisse déceler, Gui de Mori élabore un système de signes diacritiques qu’il explicite dans son prologue.

Cinq témoins conservés au département des Manuscrits ont été numérisés : NAF 28047, Français 797, Français 12590, Français 19157, Français 24390.

Mises en prose

Aux alentours de l’an 1500, la moralisation de Jean Molinet livre une version modernisée du Roman de la Rose : réécrite en prose et divisée en chapitres, l’œuvre est assortie de commentaires allégoriques ou mystiques, telle une nouvelle Bible, lui donnant une nouvelle portée spirituelle. La défloration de la rose y est réduite à une chaste cueillette, comparée à la déposition du corps du Christ par Joseph d’Arimathie.

Deux témoins conservés au département des Manuscrits ont été numérisés : Français 1462, Français 24393.