À la fin de l'Antiquité, l'écriture romaine dans les royaumes barbares, donnent naissance à des écritures cursives comme la mérovingienne, employée en Gaule du VIIe au IXe siècle. Dès le début du VIIIe siècle, un effort de régularisation de l'écriture se manifeste dans le scriptorium de Corbie.  La formation de cette écriture est le résultat d'une recherche délibérée, répondant aux besoins de la renaissance carolingienne.  C'est sous l'abbatiat de Maurdramne (772-780) qu'apparaît à Corbie un nouveau type d'écriture dérivé de l'écriture semi-onciale, qui joue un rôle fondamental dans l'élaboration de la minuscule caroline. Très claire et aérée, cette écriture présente les mêmes caractères que sa descendante, à quelques particularités près : sorte de nœud en haut à gauche des lettres f et s, a ouvert alternant avec a oncial, i pointé de type insulaire. Elle représente la dernière étape dans l'évolution des écritures pré-carolines à Corbie.

Capitale rustique

À la fin de l'Antiquité naît une écriture calligraphique majuscule dérivée de l'écriture commune romaine : la capitale rustique. À l'époque carolingienne, ces lettres majuscules sont considérées comme une écriture de luxe.

Onciales et semi-onciales

Une autre lettre capitale apparaît à côté de la capitale rustique : l'onciale. Inspirés de la capitale et de la cursive romaine, les premiers signes d'onciale ont pris forme à partir du IIe siècle de notre ère.
 

Ecriture wisigothique

Dérivée de la minuscule cursive de tradition romaine, l'écriture wisigothique naît en Espagne autour de Tolède dans la seconde moitié du VIIe siècle.

Ecriture bénéventaine

La bénéventaine est une autre évolution de l'écriture romaine, plus arrondie. Dérivée de la minuscule italienne, elle a été employée en Italie du Sud de la fin du VIIIe siècle au XIIIe, en particulier au Mont-Cassin, à Bénévent et à Bari.

Ecritures insulaires

Les scriptoria des îles britanniques mis au point deux types d’écritures : une semi-onciale arrondie et une minuscule souvent pointue.

Minuscule mérovingienne "az" de Laon

L'écriture "az" de Laon est une stylisation de l'écriture mérovingienne. Pratiquée au VIIIe siècle dans le scriptorium de la cathédrale de Laon, elle se distingue par la graphie particulière des lettres a (deux guillemets accolés) et z.

Minuscule hybride de Fleury

La minuscule hybride de Fleury, qui se caractérise par de nombreux traits archaïques, partage des caractéristiques des minuscules pré-carolines, carolines et insulaires, mêlée d'onciales ou semi-onciales.

Cursive mérovingienne de Luxeuil

L'écriture de Luxeuil, dont on voit ici une illustration, est un bon exemple de la production scriptoriale mérovingienne, issue de la cursive romaine. Étroite, presque verticale et resserrée, elle se caractérise par le prolongement exagéré des hastes des lettres et par l'abondance des ligatures.

Minuscule "ab" de Corbie

Apparue sous l'abbatiat d'Adalhard (780-826), la fameuse minuscule "ab" de Corbie est une écriture calligraphique, non dénuée d'archaïsme, qui associe l'écriture mérovingienne et la tradition irlandaise. Elle est caractérisée par un a formé d'un i et d'un c accolés, et d'un b dont la haste est munie d'une petite barre horizontale qui entre en ligature avec la lettre suivante. Cette écriture est une étape du processus et participe, avec l'écriture de Maurdramne, à cet effort de clarté et d'harmonie qui aboutira à la minuscule caroline.
 

Ecriture dite "de Maurdramne"

Très claire et aérée, l'écriture de Maurdramne représente la dernière étape dans l'évolution des écritures pré-carolines à Corbie. Elle présente les mêmes caractères que sa descendante, à quelques particularités près : sorte de nœud en haut à gauche des lettres f et s, a ouvert alternant avec a oncial, i pointé de type insulaire.