Née à Venise en 1364, Christine de Pizan passe son enfance à la cour de Charles V, où son père, Thomas de Pizan, est l’astrologue officiel. Elle y reçoit une éducation poussée qui forme son goût pour les lettres. Mariée à un secrétaire du roi, Etienne du Castel, elle est veuve dès 1387. Pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille, Christine entreprend d’écrire. Son talent lui vaut la protection de Jean de Berry, de Louis d’Orléans, de la reine Isabeau de Bavière, et l'admiration de la Cour. Elle rédige des poèmes, des traités moraux, philosophiques, politiques, et même un traité militaire.
Figure du premier humanisme français, elle devient la première femme française à vivre de sa plume. Connue pour sa prise de position en faveur des femmes, Christine de Pizan participe de manière active aux débats intellectuels de son époque. Elle s’illustre notamment dans le premier débat littéraire français, la Querelle du Roman de la Rose. Christine de Pizan supervise ou participe directement à la copie de manuscrits. Le nombre de témoins conservés et la richesse de leur ornementation attestent du succès de ses œuvres. D'abord poétesse, puis moraliste, Christine de Pizan finit par se consacrer à l'écriture de traités politiques, dans lesquels elle se révèle conseillère de princes et ardente avocate de la paix. Désabusée par les guerres civiles incessantes et l'effondrement de la France face à l'Angleterre, elle décide de quitter la Cour et rejoint sa fille au monastère de Poissy, où elle meurt en 1430.