Écrit dans les dernières années de la vie de Chrétien de Troyes, 1180-1181, ce roman inachevé, écrit sous le commandement de Philippe d’Alsace, introduit une matière devenue mythique : celle du Graal. La quête du héros prédestiné, Perceval, issu d'une lignée sainte consacrée au graal, n’est plus amoureuse, mais spirituelle.

Perceval, qui vivait à l’écart du monde avec sa mère, ébloui par l'éclat des chevaliers, décide de se rendre à la cour d’Arthur. Il rejoint le château de Gonemant de Goort, qui lui enseigne l’art de la chevalerie et la courtoisie. Après un exploit au château de Beaurepaire, il s’initie à l’amour auprès de Blanchefleur. En route pour retrouver sa mère, il fait halte dans un mystérieux château, celui du Roi Pêcheur dans lequel il voit passer le fameux cortège du Graal. Défilent devant lui un jeune homme portant une lance, une belle demoiselle tenant un Graal et une autre qui apporte un tailloir d’argent. Suivant l'éducation reçue chez Gonemant, Perceval ne pose aucune question.

Le lendemain, sa cousine lui apprend que son silence a causé la perte du châtelain et du royaume. Ce mutisme est dû au péché dont il entaché pour avoir laissé sa mère mourir de chagrin. Après une contemplation rêveuse du visage de Blanchefleur dessiné dans la neige par quelques gouttes de sang, Perceval retourne à la cour du roi Arthur. Là-bas une demoiselle hideuse propose aux chevaliers présents des aventures extraordinaires. Mais le jeune homme n’a de cesse de percer le secret du Graal. Après avoir suivi un temps les aventures de Gauvain, la narration se concentre de nouveau sur Perceval. Désireux de faire pénitence, il se rend chez un ermite à qui il confesse la faute commise dans le château au Graal. L’ermite lui dévoile alors le secret de ce vase : il contient une seule hostie qui suffit à maintenir en vie le père du Roi Pécheur, frère de l’ermite et de la mère de Perceval. Après avoir reçu l’absolution et la communion des mains de son oncle, Perceval poursuit ses aventures au château des Reines.

Chrétien de Troyes laisse à sa mort un mystérieux roman inachevé, poursuivi par ses successeurs, pour donner naissance à une œuvre monumentale de 60 000 vers dans certains manuscrits.