Erec et Enide, écrit vers 1170, est le premier roman connu de Chrétien de Troyes. Inspirée d'un "conte d'aventure", l''intrigue souligne les oppositions entre les obligations du chevalier et celles de l’amour. En faisant l'apologie du mariage, Chrétien de Troyes se pose en adversaire de Tristan et Yseut et s'associe à la genèse du roman idyllique. Trop épris de son épouse (Enide), Erec, délaisse ses devoirs de chevalier. La rumeur publique le dénigre, l'accusant de récréantise. Le héros s’élance alors en quête d’aventures.

Piqué par un soupir d’Enide, Erec lui ordonne de le suivre, tout en défendant de lui adresser la parole. Enide ne peut cependant s’empêcher d’avertir son mari lorsque le danger se fait pressant. Erec se mesure à des brigands et à des géants lors de combats de plus en plus redoutables. Malgré d'importantes blessures qui le font passer pour mort, il triomphe du comte Galoain qui voulait contraindre Enide à l'épouser. Son épouse lui manifeste alors toute l'intensité de son amour. Le héros sort vainqueur de la plus périlleuse des épreuves : celle de « la Joie de la Cour » où il met fin aux enchantements qui touchaient Mabonagrain, un chevalier géant. Après la mort du roi Lac, père d’Erec, les deux époux sont couronnés rois de la petite Bretagne à Nantes.