Conservé en un très grand nombre d’exemplaires manuscrits, le Roman de la Rose continua d’être copié bien après l’apparition de l’imprimerie. Entre 1481 et 1538, une vingtaine d’éditions se succèdent. Suscitant débats et querelles, annonçant l’humanisme de la Renaissance, l’œuvre est imprimée et remaniée dès 1480 et devient un livre de référence jusqu’à la Renaissance.
La sélection présentée montre comment la carte des éditions du Roman de la Rose recoupe celle de diffusion de l’imprimerie en français. En 1481, Jean Croquet, imprime une édition à Genève. En 1503, les presses lyonnaises de G. Balsarin produisent une nouvelle édition. Vient ensuite le temps des ateliers parisiens tels que celui de la Veuve Michel Le Noir.
Les incunables et les éditions du XVIe siècle s’écartent de la traduction manuscrite en diffusant la mise en prose de Jean Molinet. A partir de 1526, Clément Marot transforme à nouveau le Roman de la Rose en proposant une préface, reprise dans toutes les éditions suivantes, jusqu’à la fin des années 1530. La presse, qui rend les textes plus accessibles, transforme les pratiques de lecture, mais aussi les œuvres qu’elle diffuse.