Jean de La Fontaine achète une charge de maître des eaux et forêts en 1652, mais se consacre davantage à ses réseaux et ambitions littéraires à Paris, où il publie de la poésie et des contes galants. Il figure parmi les protégés de Fouquet ce qui lui vaudra, après la chute de celui-ci en 1661, la méfiance de Louis XIV qui le tient à l’écart des gratifications. En 1668 paraissent des Fables choisies illustrées par François Chauveau, elles connaissent plusieurs éditions augmentées de nouvelles fables jusqu’en 1694, formant un ensemble de douze livres. Jean de La Fontaine puise dans un répertoire antique et oriental de fables animalières, notamment celle d’Esope, qui servaient couramment de support aux exercices scolaires. Il y ajoute son regard critique porté sur la société et la cour. Les Fables s’adressent aussi bien à un public lettré qu’aux enfants et ont inspiré de nombreux illustrateurs. Les éditions enfantines et scolaires se limitent à un choix de fables qui constituent peu à peu un corpus restreint, marquant les mémoires enfantines. Il s’agit d’une chance que n’ont connue aucun des écrivains du Grand Siècle : La Fontaine reste un poète extrêmement vivant.

Pour aller plus loin :

Lesage, Claire, article « Jean de La Fontaine ». Dans Isabelle Nières-Chevrel, Jean Perrot (dir.), Dictionnaire du livre de jeunesse : la littérature d'enfance et de jeunesse en France. Paris : Éd. du Cercle de la librairie, 2013.

Jean de La Fontaine : exposition, Paris, Bibliothèque nationale de France, 4 octobre 1995-15 janvier 1996 / sous la dir. de Claire Lesage. Paris : Bibliothèque nationale de France : Seuil, 1995.