Placard publicitaire, avis administratif ou légal, annonce de manifestation… Au cours d’une histoire qu’on peut faire débuter à l’Antiquité mais qui prend sa forme moderne avec l’invention de l’imprimerie, l’affiche revêt ces fonctions multiples que nous lui connaissons encore aujourd’hui. Les affiches illustrées de la période de l’Ancien régime sont rares, à en juger du moins par le peu d'entre elles qui nous est parvenu. Au début du XIXème siècle, on assiste à une première floraison importante d’affiches illustrées pour l’édition et la librairie romantiques, le plus souvent lithographiées et tirées en noir. Au milieu du siècle, de grandes gravures sur bois en couleurs sortent des presses de l’imprimerie Rouchon, mais il s’agit d’un épisode isolé. Il faut attendre Jules Chéret et son utilisation, à partir de 1866, de la lithographie en couleurs combinée à ses talents de dessinateur et de coloriste pour lancer le développement de l’affiche illustrée. Les exigences commerciales et publicitaires nouvelles, l’ « industrialisation »  des spectacles, l’expansion et la restructuration des espaces urbains favorisent, voire appellent ce développement. Dans le sillage de Chéret, les Steinlen ou Mucha seront des maitres de l’affiche artistique à la fin du XIXème siècle et auront pour successeurs non moins talentueux au XXe siècle, les Cappiello, Cassandre ou Villemot. Une part conséquente des affiches numérisées est encore sous droits, et consultable à ce titre uniquement dans les salles de lecture de la BnF.