Disposant d’un corpus de sources écrites limité et mise à part l’ouvrage de Jean-Jacques Chifflet - Anastasis Childerici I, l’archéologique est devenue une démarche véritablement scientifique, qui connaît un essor considérable grâce à la multiplication, dès les années 1960, des fouilles de sauvetage.

C'est en matière de pratiques funéraires que l’époque mérovingienne se révèle extrêmement féconde. Avec l’arrivée des populations franques, on assiste à la diffusion de certains pratiques ignorées par les gallo-romains : la disposition ordonnée des sépultures et le dépôt d’objets précieux, tels que bijoux, céramiques, verreries et équipements militaires.

Les nécropoles mérovingiennes offrent un panorama particulièrement riche et contrasté, car les pratiques funéraires présentent des différences régionales bien marquées, fruits d’un mélange de traditions culturelles diverses.

La pratique de l’inhumation habillée et du dépôt d’objets se retrouve surtout dans les sépultures au nord de la Loire et se maintient, tout en se raréfiant, tout au long de la période. En revanche, dans le sud, ainsi que dans les grandes nécropoles suburbaines, les pratiques funéraires sont beaucoup plus imprégnées des préceptes chrétiens. Si l’inhumation est presque exclusive, la pratique de l’incinération est ponctuellement attestée dans le nord et l’est des royaumes mérovingiens. L’espace funéraire mérovingien se situe, dans sa grande majorité, à l’écart de l’habitat.

L’architecture funéraire connaît de multiples variations tant dans la taille et la profondeur des tombes que dans les aménagements qui les composent. Les tombes peuvent être en pleine terre, ou accueillir des contenants en bois, des caissons en pierres plus ou moins élaborés, des sarcophages en pierre ou en plâtre.

Les sépultures distinguent le statut social du défunt. Le choix des objets déposés, leur nombre, les matériaux choisis, leur agencement dans la sépulture relèvent de rites et de croyances difficiles à interpréter. Le dépôt de vaisselle, des vases en céramique, parfois en verre, des récipients en métal dotent les plus riches tombes. Les offrandes alimentaires sont importantes dans l'est. Si la parure ou l’armement participe d’une symbolique sociale forte, la plupart des objets sélectionnés relèvent de la sphère domestique ou fonctionnelle (peignes, pendantifs, tissu d’habillement…).

Vase de Marteville (VIe - VIIe siècle)

Vase en argile d'époque mérovingienne, datant entre VIe siècle et VIIe siècle
Lieu de découverte : Marteville

Urne carénée à col ouvert avec décor de vaguelettes sur la partie supérieure de la panse et bourrelet sous le col.

Mesures : H. 9 cm, D. 11.6 cm

Vase de Marteville (VIe - VIIe siècle)

Vase en argile d’époque mérovingienne
Lieu de découverte : Marteville

Vase ovoïde avec deux lignes de décor sur la partie supérieure de la panse.

Mesures : H. 15.1 cm, D. 9.2 cm

Edmond Le Blant , Les sarcophages chrétiens de la Gaule, (Paris : Impr. nationale, 1886)

"Un volume, déjà publié sous les auspices du Ministère de l'instruction publique, traite des vieux sarcophages chrétiens dont la ville d'Arles possède une importante série. J'aborderai maintenant, dans ce nouveau travail, l'étude des monuments similaires signalés sur le reste de l'ancienne Gaule. Ceux que nous y rencontrons sont de deux sortes : les premiers, de beaucoup les plus précieux, portent des bas-reliefs rappelant ou figurant les traits de l'Ancien et du Nouveau Testament ; d'autres, généralement postérieurs, bien qu'appartenant de même aux premiers siècles de notre ère, offrent des ornements symboliques ou purement décoratifs. [...]", p. I

Moreau, "Fouilles du cimetière de Breny"

In: Bulletins de la Société d'anthropologie de Paris, III° Série. Tome 3, 1880. pp. 630-633.

" C'est au lieu dit le Martois, attenant à Breny, canton d'Oulchy, arrondissement de Soissons (Aisne), que je me suis posé depuis trois mois et que j'ai visité successivement, sans interruption à ce jour, treize cent soixante-dix sépultures décrites journellement sur un procès-verbal. Le nombre de celles en pierre et plâtre ne dépasse pas cent ; et le surplus est en pleine terre, ou dans des cercueils en bois. Cette nécropole est mixte, car j'y ai trouvé d'abord les Francs en grand nombre. [...]", p. 630

Vue des sarcophages mérovingiens découverts dans l'église Sainte-Geneviève en 1807

Aquarelle du dessinateur Alexandre Bourla (1795-1850), représentant une vue générale des fouilles exécutées en 1807 dans la crypte de l'abbaye Sainte-Geneviève.

Pendant les travaux de démolition de l’ancienne église de Sainte-Geneviève après sa confiscation en 1791, des fouillent mettent au jour un grand nombre de sarcophages indiscutablement mérovingiens à l’emplacement de la nef. L’un de ces sarcophages découverts en 1807 peut être attribué à Clovis. Ces cercueils devoient sans doute abriter les corps de membres de l’aristocratie franque qui souhaitent être inhumés au plus près des reliques de Sainte-Geneviève.

Lucien Cosserat, Cimetière mérovingien d'Andrésy, (Paris : Librairies-imprimeries réunies, 1891)

"Les travaux de la ligne d'Argenteuil à Mantes ont amené la découverte d'un cimitière ancien dans la tranchée d'Andrésy, près du village de ce nom. La Compagnie de l'Ouest ayant décidé d'explorer avec soin ce cimetière dans la mesure compatible avec les exigences des travaux, M. Cosserat, chef de section à Conflans, qui en avait signalé l'existence, fut chargé d'en exécuter les fouilles. [...]", p. 5