L’Europe est-elle un concept politique et culturel avant d’être géographique ? L'Eurasie ne forme qu’une seule plaque continentale, et des géographes comme Alexander von Humboldt ont même considéré l’Europe comme une péninsule de l’Asie. La première utilisation du terme d’Europe pour désigner un continent se rencontre chez Hésiode, vers 590 avant notre ère, quand les Grecs cherchent à se définir par opposition à l’Asie.

Si l’Atlantique et la Méditerranée constituent des frontières facilement identifiables, les limites Est et Sud-Est de l’Europe ont été plus difficiles à établir. Au premier siècle, Varron fixe la division entre l’Asie et l’Europe au Bosphore. Au XVIIIe siècle, sous l’influence russe, la limite Est traditionnelle du fleuve Don est repoussée à l’Oural, et, au-delà du Caucase, à la mer Caspienne.

Plusieurs états actuels se trouvent partagés entre l’Europe et l’Asie, comme la Russie, la Géorgie ou la Turquie, voir même, dans le cas de l’Arménie, située en Asie mais rattachée culturellement, historiquement et politiquement à l’Europe. On peut ici rappeler la définition du continent proposée par Paul Valéry en 1919, à savoir les régions placées sous la triple influence de l’hellénisme, de la romanité et du christianisme.

La cartographie de l’Europe est premièrement définie par les géographes antiques, notamment dans la Géographie de Ptolémée au IIe siècle. Cette tradition est reprise  par le monde arabe, mais l’Occident s’en éloigne. Au Moyen-Âge, les mappemondes européennes s’attachent à une vue plus symbolique du monde : sur les cartes « en TO », la sphère terrestre est divisée en trois parties géométriques, ou l’Europe représente un quart des terres existantes.

A partir du XIIIe siècle, les portulans, ou cartes marines, précisent le tracé des côtes européennes. La redécouverte de Ptolémée et de Strabon dans les dernières décennies du Moyen-Age relance les réalisations cartographiques des Européens.

La première carte imprimée de l’Europe en tant que continent, aujourd’hui perdue, est réalisée par Martin Waldseemüller en 1511. On en retrouve l’influence dans la Cosmographia de Sebastian Münster. Dans le sillage du travail d’Olaus Magnus, la connaissance cartographique de l’Europe du Nord s’étend à partir des années 1540. Les cartes publiées par Gerard Mercator et par Abraham Ortelius synthétisent les progrès faits au cours du XVIe siècle et sont abondamment copiées par la suite.

A partir du XVIIe siècle, le progrès des géographies nationales enrichit les cartes générales de l’Europe, qui font de plus en plus figurer les limites des états. Vues des villes et peuples du continent accompagnent souvent les cartes.

Les développements techniques et scientifiques du XIXe siècle permettent une cartographie de plus en plus précise des territoires européens, mais aussi de nouvelles approches du continent : cartes ethnographiques, géologiques, ferroviaires, statistiques… La connaissance géographique de l’Europe se répand au sein des peuples, via également des outils pédagogiques et des cartes humoristiques.