La Marseillaise

La Marseillaise fut écrite  en 1792 par Claude Joseph Rouget de Lisle, à Strasbourg, suite à la déclaration de guerre à l'Autriche du 20 avril 1792.

Ce chant portera différents titres, tous éphémères : Chant de guerre pour l'armée du Rhin, Chant de marche des volontaires de l'armée du Rhin, Chant de guerre des armées aux frontières. Ce dernier titre est donné par le docteur François Mireur, général de brigade de la Révolution française, lorsqu'il le chante devant le Club des amis de la Constitution lors de sa venue à Marseille en juin 1792 pour l'organisation de la marche conjointe des volontaires du Midi. Les troupes des Fédérés marseillais l'adoptent aussitôt comme marche et l'entonneront lors de leur entrée triomphale aux Tuileries, à Paris, le 30 juillet 1792. Les parisiens baptiseront aussitôt ce chant unitaire "La Marseillaise".

La Marseillaise est déclarée chant national le 14 juillet 1795 bien qu'elle soit fortement concurrencée par un autre chant patriotique écrit en 1795 en réaction contre la Terreur, Le Réveil du peuple.

Interdite sous l'Empire puis la Restauration,elle est reprise après la révolution de 1830. La Marseillaise étant jugée trop subversive par les élites politiques de la IIIe République, un chant de concorde plus pacifique est commandé à Charles Gounod en 1877 : il compose alors la musique d'un hymne sur les paroles de Vive la France, du poète Paul Déroulède. Les vertus émancipatrice de la Marseillaise sont redécouvertes par les députés républicains qui la rétablissent en tant qu'hymne national par la loi du 14 février 1879. En 1887, une version officielle est adoptée par le ministère de la guerre. A partir de 1911, Maurice-Louis Faure, ministre de l'Instruction publique, instaure l'obligation de l'apprendre à l'école. Le 14 juillet 1915, les cendres de Rouget de Lisle sont transférées aux Invalides.

Interdite en zone occupée pendant la Seconde guerre mondiale, expurgée par le gouvernement de Philippe Pétain et soumise à autorisation pour être chantée, La Marseillaise continuera pourtant de souffler la résistance et la révolte aux oreilles éprises de liberté. Cet hymne sera repris par de nombreux mouvements révolutionnaires sur tous les continents.

La Marseillaise - Marthe Chenal, décembre 1919

Obtenant les premiers prix de chant et d'opéra au Conservatoire national de musique de Paris en 1905, Marthe Chenal (1881-1947) chante à l'Opéra-Comique à partir de 1908. Elle s'engage comme infirmière dès les premiers jours du mois d'août 1914 et entre dans la légende en interprétant La Marseillaise à l'arrière comme sur le front tout au long de la guerre. Devenue l'incarnation de l'hymne national français, c'est elle qui le chante le 11 novembre 1918, enveloppée dans le drapeau tricolore depuis le balcon de l'Opéra Garnier en présence de Georges Clémenceau et d'une foule nombreuse.

La Marseillaise sur le plateau de Craonne - A. Tolmer, 1918

Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg.