Chansons et musiques de la Première Guerre mondiale

Premier conflit à être médiatisé en temps réel par la chanson, la Grande Guerre inspire plusieurs milliers de titres à la société française. Ceux-ci s’intéressent aussi bien à la vie du poilu au front qu’aux souffrances de l’arrière et aux événements politiques nationaux et internationaux. Ils décrivent ainsi avec réalisme l’état d’esprit de la nation française pendant ces quatre années.

Cette profusion musicale fait de la chanson la forme artistique la plus étroitement liée à la Première Guerre mondiale.

Chansons revanchardes

Depuis la défaite de Sedan (1870), les chansons imprègnent les Français d’un esprit de revanche envers la Prusse en s’appuyant sur deux éléments essentiels : la nostalgie de l’Alsace-Lorraine et haine du « boche ». Ainsi lorsqu’en août 1914 l’Europe entre en guerre, la société française est moralement prête à prendre part aux combats.

Chansons de combat, chansons de propagande

L’Arrière participe à l’effort de guerre et souhaite manifester sa solidarité envers les Poilus. La chanson se fait le relais de ce message. Par l’intermédiaire des artistes et de leurs représentations au Théâtre aux Armées, la société française toute entière proclame sa confiance absolue envers les soldats du front et la victoire imminente.

Chansons de soutien aux poilus, chansons patriotiques

Bataille de la Marne, Course à la mer, stabilisation du front et début de la guerre de tranchées. Le front se stabilise, la guerre s’enlise. L’arrière, témoignant son soutien et ses encouragements, s’adresse alors aux poilus à travers des chansons teintées de patriotisme inébranlable.

Chansons de la vie quotidienne du poilu au front

« Croyez-vous que c’est l’excès de bonheur et de joie qui le fait chanter ? Le poilu chante pour ne pas penser à son sort, ne pas penser aux champs de massacre et de douleurs qu’il a vus, et pour puiser assez de force pour affronter même sans vouloir y penser la mort qui peut le prendre à chaque instant. » (extrait du carnet de guerre du soldat d'infanterie Claude Parron (1894-1919) rédigé du 22 juin au 5 août 1915).

Chansons de la vie de l'arrière

Si l’arrière chante pour soutenir ses poilus, il conte également à travers la musique ses propres préoccupations et souffrances dans une France dévastée.

Chansons anglophones

“We’ll be over, we’re coming over. And we won’t come back till it’s over, over there.” (extrait de "Over There", Georges M. Cohan, 1917)

Chansons de la victoire : armistice et défilés

« C’est le jour de l’apothéose. Derrière leurs chefs à cheval, nos héros dans le matin rose marchent vers l’arceau triomphal. Mais tout en chantant l’allégresse de ceux qui défilent là-bas, je songe aussi plein de tristesse à ceux qui ne défilent pas. » (extrait de "Leur jour de gloire", Théodore Botrel, 1919)