Assemblée nationale constituante (1789-1791)

Le 9 juillet 1789, les états généraux réunis en raison de la crise financière que traverse le royaume, se proclament Assemblée constituante. Cette assemblée composée notamment de Mirabeau, Robespierre, Sieyès, Mounier, etc., fait entrer dans l’organisation de l’Etat français la pensée des philosophes Lumières. La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen est proclamée et placée en préambules aux Articles de constitution votés en novembre, qui instaurent un nouveau régime de monarchie constitutionnelle. Le pays est organisé en départements, districts, cantons et communes. La féodalité et les privilèges sont abolis.

Convention nationale (1792-1795)

La Convention nationale succède à l’Assemblée législative le 21 septembre 1792. Elue au suffrage universel masculin elle fonde, sur la Constitution de l’an I, la Ière République. Les Montagnards qui la dominent profitent du discrédit du roi condamné à mort pour trahison et des tenants d’une monarchie constitutionnelle pour installer un gouvernement révolutionnaire qui se lance dans la guerre contre la coalition européenne favorable à la monarchie et instaure progressivement la Terreur. Après le 9 thermidor et la chute de Robespierre, ce gouvernement est démantelé. La Constitution de l’an III est votée, la Convention nationale dissoute et le pouvoir exécutif remis au Directoire.

Directoire (1795-1799)

Après la Convention nationale, le Directoire s’appuie sur la paix obtenue à l’intérieure comme à l’extérieure des frontières et sur la Constitution de l’an III pour réaliser son objectif de tourner la page de la période révolutionnaire et de stabiliser la situation du pays en organisant une république modérée et libérale qui soit acceptée par tous les français. Fin 1798, la reconstitution de la coalition européenne contre la république va entraîner l’appel à un pouvoir fort auquel le général Bonaparte répond par le coup d’Etat des 18 et 19 brumaire.

Babeuf, Gracchus (1760-1797)

Il retire de la lecture de Rousseau la doctrine babouviste, première théorisation sociale et concrète du communisme. Proche de Marat, il soutient, contre Robespierre, une « insurrection pacifique ». En réaction au conservatisme du Directoire il fonde la « Conjuration des égaux » qui veulent poursuivre la révolution jusqu’à la réalisation d’une société assurant « l’égalité des jouissances » et le « bonheur commun ». Il est guillotiné en mai 1797 en conséquence de la loi de Carnot punissant de mort la promotion de la réforme agraire de partage des terres.

Barras, Paul (1755-1829)

Ce noble provençal devient député du Var à la Convention nationale. Il siège à la Montagne et vote la mort de Louis XVI. Chef de l’armée de l’Intérieur, il impose la Terreur à Toulon. Pendant cette période il remarque le jeune Bonaparte dont il fait son second. Anticipant la chute de Robespierre, il est parti prenante du 9 thermidor et reste directeur pendant les quatre ans du Directoire. S’il est habile à se maintenir au pouvoir, il n’a cependant jamais renié ses convictions de gauche gouvernementale, opposé à toutes les tentatives de restauration.

Bonaparte, Napoléon (1769-1821)

Commandant des armées pendant le Directoire, il établit le Consulat (1799), puis l’Empire (1804) jusqu’en 1815. Le pays est profondément réformé. L’administration territoriale est assurée par les préfets à la tête des départements, l’impôt est prélevé par des fonctionnaires, la monnaie stabilisée, l’enseignement secondaire et supérieur est organisé par l’Etat. Dans le domaine de la justice, le Code Napoléon est instauré, les juges sont nommés à vie par le gouvernement. La relation avec la papauté est normalisée avec le Concordat. Après son abdication, en exil, Napoléon rédige le Mémorial de Sainte-Hélène.

Danton, Georges-Jacques (1759-1794)

Figure majeure de la Révolution française, Danton est avocat de profession, d’une éloquence hors du commun. Il est nommé ministre de la Justice au moment de la chute du roi et parvient, par d’habiles manœuvres, à suspendre une première insurrection vendéenne et à décourager la Prusse d’attaquer la France pour soutenir la royauté. Sous la Convention il est le premier président du Comité de Salut public. Après une suite d’échecs Robespierre est élu à sa place. Partisan d’une stabilisation qui profiterait à la bourgeoisie d’affaires, il s’oppose à Terreur. Il est guillotiné le 5 avril 1794.

Louis XVI (1754-1793)

Mal préparé à exercer le pouvoir, il mène une politique instable faite de réformes libérales pour moderniser le pays et de retour à l’ordre antérieur. Face à la contestation des parlementaires, il renvoie ses ministres Turgot, puis Necker, chargés des affaires économiques. Les états-généraux qu’il convoque avec le doublement du Tiers, contre la prééminence des nobles, échappent à son contrôle. Il est contraint d’accepter un modèle de monarchie constitutionnelle. Arrêté à Varennes, en juin 1791, fuyant le pays avec la famille royale, il est jugé par la Convention, condamné et guillotiné le 21 janvier 1793.

Marat, Jean-Paul (1743-1793)

Médecin, il exerce à Londres de 1765 à 1777, date à laquelle il revient en France pour s’établir à Paris. Avec la libération de l’activité éditoriale créée par les états-généraux, il se lance dans le journalisme engagé pour la révolution. Il fonde plusieurs titres pendant la période révolutionnaire, notamment l’Ami du peuple, qui devient une tribune influente. Député Montagnard à la Convention, ennemi des Girondins qui lui intentent plusieurs procès en diffamation, il est assassiné par une de leurs amies, Charlotte Corday. Outre sa production journalistique, on retient l’ouvrage Chaines de l’esclavage (1792).

Necker, Jacques (1732-1804)

Banquier genevois, Jacques Necker a été trois fois ministre des finances de Louis XVI. Du fait de sa grande popularité, son renvoi en juillet 1789 est une des causes du soulèvement du 14 juillet. Rappelé dès le 16, il finit par démissionner en 1790 à cause de son opposition à la politique de financement du déficit par l’émission d’assignats. Retiré en Suisse, il laisse plusieurs écrits politiques parmi lesquels les Réflexions philosophiques sur l’égalité et De la Révolution française, où il développe son point de vue critique sur la Révolution.

Robespierre, Maximilien de (1758-1794)

Avocat, influencé par la lecture de Rousseau, il publie des textes politique dès avant les états généraux où il siège pour le tiers état d’Arras. Plus qu’à l’Assemblée, il conquiert l’opinion au club des Jacobins. Après la chute du roi, il est très influent à la Convention nationale. L’effacement des Girondins le porte à la tête du Comité de salut public en juillet 1793. C’est le début de la Terreur, lutte pour la défense de la république, dont il se sert aussi pour éliminer ses opposant. Sa puissance devenue sans partage, ses soutiens prennent peur et après un discours à la Convention où il échoue à rallier son auditoire, il est arrêté le 9 thermidor, puis guillotiné.

Saint-Just, Louis-Antoine-Léon (1767-1794)

Orateur brillant, fidèle soutient de Robespierre qu’il accompagne dans sa chute, à 25 ans il est le plus jeune député de la Convention. Lors du procès du roi il plaide pour son exécution. Il participe à la rédaction de la Constitution de l’an I, égalitaire et sociale. « Le bonheur est une idée neuve en Europe » écrit-il : c’est vers elle que doit tendre la révolution. Envoyé à Strasbourg pour prendre le commandement des troupes en mauvaise posture, il renverse la situation en appliquant le principe intransigeant : « vaincre ou mourir ». Il joue un rôle majeur dans l’accomplissement de la Terreur qui lui vaut le nom d’ange exterminateur.

Sieyès, Emmanuel-Joseph (1748-1836)

Théoricien en même temps qu’acteur de la Révolution française, Sieyès est surtout célèbre grâce à son Essai sur les privilèges (1788) et à sa brochure Qu’est-ce que le tiers état ? (1789) Il y défend l’idée d’égalité devant la loi et y expose sa théorie constitutionnelle, favorable à une souveraineté nationale s’exerçant par la médiation de représentants élus.