Le département des Cartes et plans de la Bibliothèque nationale de France a été créé en 1828 sous la direction de Edme François Jomard (1777-1862) ancien ingénieur géographe ayant participé à la campagne d’Egypte de Bonaparte. En France, cette création est contemporaine du développement des sciences géographiques et de la connaissance de la Terre.
Les collections ont été constituées au départ par les cartes de la Bibliothèque du Roi et par les saisies révolutionnaires, comme celles provenant de l’ancienne abbaye Saint-Victor à Paris. L’accroissement des collections fut alimenté par le Dépôt légal des cartes et par une politique d’acquisitions conduite par les directeurs successifs. Au XXe siècle, sont entrés deux fonds importants : les archives anciennes du Dépôt des cartes de la Marine, comprenant plus de 15 000 documents, et la collection du géographe parisien Jean Baptiste Bourguignon d’Anville comptant 10 500 documents, provenant du ministère des Affaires étrangères.

D'Anville collectionneur

La carte ayant le titre latin « Iaponia » est une planche extraite de l’édition en français de l’atlas de Gérard Mercator (1512-1594) publié à Amsterdam, chez Hondius en 1633. Elle a toutes les caractéristiques des cartes néerlandaises du XVIIe siècle : cartouches à l’ornementation monumentale pour le titre et l’échelle, décoration de navires à voiles et de monstre marin, tracés colorés pour les côtes, avec en plus ici un navire japonais qui donne une note d’exotisme. Le verso de la planche porte un commentaire en français intitulé : Iapon ou Iapan isle.

D'Anville cartographe

Dans sa collection, Jean-Baptiste d’Anville a conservé aussi des cartes dont il est l’auteur. Et parmi les nombreuses cartes qu’il réalisa, il s’intéressa beaucoup à l’Asie. La Carte générale de la Tartarie Chinoise publiée en 1732 est classée avec les autres documents traitant de la Mongolie et de la Mandchourie. Mais comme d’Anville avait porté un soin particulier à représenter le Japon sur cette carte, il l’ajouta aussi dans la partie consacrée au Japon (n° 7444) en découpant seulement l’archipel nippon.

D’Anville et les autres géographes français

La collection d’Anville par ses divers documents montre toutes les hésitions de la géographie française du XVIII° siècle dans la représentation des régions septentrionales du Japon qui font encore partie des zones à explorer de la terre à ce moment-là.  Au début du XVIII° siècle, le débat portait toujours sur la question de savoir si le Japon est une île, comme en témoigne la lettre de Claude Delisle (1644-1720), publiée dans le Journal des Savans du lundi 31 mai 1700.