"Au fond ce sont bien certainement le voyage de Philippe Sichel, et plus tard le voyage de Bing, qui ont fait faire connaissance intime à l'Europe avec le Japon." (Journal, 13/05/1888). Edmond de Goncourt aurait pu ajouter la venue d'Hayashi Tadamasa à Paris, en 1878. Car sans ces trois marchands d'art passionnés, la réception de l'art japonais en France aurait été assurément toute autre.

Philippe Sichel (1840-1899)

A Paris, au début des années 1860, apparaît une première génération de marchands d'art japonais dont on trouve la liste dans l'Annuaire du commerce Didot-Bottin sous la rubrique Curiosités, dans les catégories chinoiseries et japoneries ou encore articles de Chine, de l'Inde et du Japon. Il s'agit de commerçants encore peu spécialisés, qui vendent indifféremment du thé, de la porcelaine, des éventails et autres bibelots exotiques... Philippe Sichel appartient à la deuxième génération de ces négociants, mieux informés et directement en contact avec le Japon où son frère Auguste s'est installé.

Siegfried Bing (1838-1905)

Dès 1854, le jeune homme, né à Hambourg, rejoint son père en France où celui-ci possède une petite manufacture de porcelaine. En 1876, il choisit la nationalité française et change de prénom, Siegfried devenant Samuel. Agé d'une trentaine d'années, il a commencé à collectionner les objets asiatiques, dont il fera bientôt le commerce. L'Exposition universelle de 1878 lui donne l'occasion d'ouvrir sa boutique de Fantaisies japonaises, au 19 rue Chauchat, près de l'Hôtel Drouot.

Hayashi Tadamasa (1853-1906)

"Hayashi fut, avec Bing, le plus intelligent intermédiaire entre le Japon et Paris" écrivait Raymond Koechlin (voir les pages qu'il lui consacre également dans ses Souvenirs) après la disparition prématurée du grand marchand d'art, en 1906, un an seulement après qu'il soit rentré au pays... Paris qu'il découvre en tant qu'interprète (Journal des Goncourt, 28/07/1895) à l'Exposition universelle de 1878,et où il ouvrira bientôt une boutique d'Objets d'art anciens du Japon avec Wakai Kenzaburô, vice-président de la section japonaise, dont il restera le collaborateur jusqu'en 1890.