La France a joué au XIXe siècle un rôle clé dans l’introduction des techniques modernes au Japon.  De nombreux ingénieurs ou spécialistes français furent envoyés sur place. Léonce Verny y lance l’industrie navale, première grande coopération scientifique, technologique et industrielle entre les deux pays. Egalement pionniers de la modernisation, Paul Brunat dans le domaine de l’industrie textile, François Coignet dans l’exploitation minière ou Gustave  Boissonade dans la formation du droit moderne. D’autres ont contribué plus modestement à changer la société japonaise, comme Henri Pélegrin qui introduisit l’éclairage public ou Alfred Gérard les tuiles et les briques françaises. Cette adoption volontaire et rapide des techniques occidentales par le gouvernement de Meiji vise un objectif très concret : donner au Japon les moyens de préserver sa souveraineté et de conserver une pleine maîtrise sur son développement.

L'industrie textile

L’industrie de la soierie lyonnaise est à son apogée au milieu du XIXe siècle et les maisons soyeuses cherchent en permanence de nouvelles sources d’approvisionnement en fil de soie ou en soie grège. Cependant, dans les années 1850, les élevages de vers à soie sont durement touchés par plusieurs maladies. Malgré les travaux de Pasteur sur le sujet, la production de soie européenne s'effondre...

La construction navale

Confronté par sa politique d’ouverture à la concurrence des pays occidentaux, les ambitions économiques et militaires du Japon reposaient en premier lieu sur sa capacité à se doter d’une industrie moderne. En 1865, la décision est prise de construire le premier arsenal maritime japonais. Le ministre plénipotentiaire Léon Roches, en poste au Japon de 1864 à 1868, convainc le shôgun d'en confier la réalisation à la France.

Nouvelle législation "à la française"

Etre reconnu comme un partenaire à part égale par l'Occident, et faire abroger les "traités inégaux" sont les objectifs constants des gouvernements de Meiji. Pour ce faire, et de façon très pragmatique, l'adoption des principes européens en matière juridique apparaît comme une étape indispensable. Le gouvernement japonais décide de faire appel à trois juristes français : Georges Bousquet, Gustave Boissonade et Georges Appert, dont l'influence dans le domaine des institutions et du droit marqueront assez profondément l’œuvre législative du régime de Meiji.