Le premier animal décrit par Buffon dans son Histoire naturelle est le cheval. Il le qualifie de « plus noble conquête que l’homme ait jamais faite », qui partage avec lui les fatigues de la guerre et la gloire des combats. Ce texte est illustré par une planche d’Oudry, peintre des chasses de Louis XV. Ce simple exemple rappelle l’importance du cheval et les domaines qui lui sont associés : la guerre, la chasse, le roi, le prestige, du moins au XVIIIème siècle.

La place et l’image du cheval ont varié au cours des temps. D’abord chassé pour sa viande, sa domestication fut tardive, car l’animal est prompt à s’esquiver, et des inventions comme l’étrier mirent des siècles à se diffuser. L’introduction du cheval en Amérique par les Européens montre comment il a transformé des populations sédentaires en chasseurs nomades des grandes plaines.

En Europe, le cheval fut longtemps un cheval de guerre. Au Moyen Âge, la cavalerie est la reine des batailles, et le cheval est indissociable du chevalier, à la fois homme de guerre  et membre d’une classe sociale. L’équitation devient ainsi une des bases de l’éducation de la noblesse et donne naissance à la fois aux concours hippiques et aux spectacles équestres comme les carrousels.

Dans le domaine civil, le cheval sert au transport ou aux champs. La première révolution industrielle ne fait pas disparaître le cheval, qui tire à la fois les wagonnets dans les mines et les omnibus dans les villes. La puissance des moteurs était d’ailleurs établie en cheval-vapeur. L’usage ludique du cheval se répand également à travers les cirques ou les courses hippiques.

L’élevage équin a représenté un secteur économique d’importance, alimentant l’armée et les écuries de course. Des races chevalines sont définies au XIXème siècle, pourvues de documents généalogiques sur le modèle du pur-sang anglais. L’élevage est soutenu par les haras nationaux et par les progrès en hippiatrie, la médecine vétérinaire appliquée au cheval. L’enseignement vétérinaire se met en place au XVIIIème siècle autour d’écoles comme celle d’Alfort, qui abrite le célèbre musée Fragonard.

La seconde révolution industrielle a fait disparaître le cheval du décor quotidien pour le spécialiser dans le secteur des loisirs. Une fois encore, la place du cheval est le reflet de l’évolution de la société, après en avoir été le moteur… à quatre jambes.