Gallica vous invite à vous plonger dans les riches collections de photographies de spectacle de la Bibliothèque nationale de France. La figure du photographe de spectacle s’affirme après la Deuxième Guerre mondiale lorsque les perfectionnements techniques permettent enfin de dépasser la photographie posée et de capturer la représentation. Découvrez plus d’un demi-siècle de théâtre, d’opéra, de cirque, de danse, de marionnettes, de mime, à travers le regard d’Étienne Bertrand Weill, Roger Pic, Fernand Michaud, Daniel Cande, Christian Martinez, Brigitte Pougeoise et Joël Verhoustraeten.

Longtemps, la photographie de spectacle s’est résumée au portrait. Dans les ateliers des Nadar, de Carjat ou Disdéri, des comédiens comme Frédérick Lemaître, Sarah Bernhardt et Mounet-Sully se mettent en scène, revêtus de leur costume, entourés de quelques accessoires, tentant d’incarner, en une pose, l’essence de leur personnage. La démocratisation de la presse participe de ce culte de la vedette, comme en témoignent encore durant l’entre-deux-guerres les célèbres portraits du studio Harcourt. Si les photographes commencent à poser leurs appareils dans les salles, la composition reste de mise. La rupture se produit après le second conflit mondial. Les évolutions techniques permettent désormais aux photographes de travailler durant la représentation, sous un faible éclairage. Il devient possible de saisir le mouvement, l’instantané et donc la mise en scène, mais aussi l’éclairage scénique masqué autrefois par le flash. Le photographe va jusqu’à devenir un collaborateur du metteur en scène, à l’image de l’illustre Roger Pic, employé par le Théâtre national populaire, qui s’attache avec son appareil à archiver les spectacles. D’autres photographes, tels Étienne Bertrand Weill ou Fernand Michaud, n’hésitent pas à affirmer leur subjectivité et à faire de la photographie de spectacle un élément de leur recherche artistique.

La numérisation s’est faite dans une optique patrimoniale et aucune correction n’a été apportée, même dans les cas d’altération de couleurs.  

Bibliographie

Cosimo Chiarelli, « La matière du mouvement », Revue de la BnF, 2012, n° 40, p. 24-33.
Noëlle Guibert, Joëlle Garcia [dir.], Acteurs en scène : regards de photographes : [exposition, Paris, Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, Galerie de photographie, 21 mai-24 août 2008], Paris, Bibliothèque nationale de France, 2008, 125 p.
Chantal Meyer-Plantureux, « Théâtre : la photographie de théâtre en France », in Laurent Gervereau [dir.], Dictionnaire mondial des images, Paris, Nouveau Monde, 2006, p. 1022-1025.
Chantal Meyer-Plantureux, La photographie de théâtre ou La mémoire de l’éphémère, Paris, Paris audiovisuel, 1992, 172 p.
Patrick Roegiers [dir.], L’écart constant : récits, Bruxelles, Didascalies, 1986, 147 p.