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Secours populaire
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Le 15 novembre 1945, le Secours populaire de France et des colonies tient son premier congrès au palais de la Mutualité après la Libération de la France. C’est lors de ce congrès que l’association prend le nom de Secours populaire français après la fusion avec l’Association nationale des victimes du nazisme (ANVN). Son organe de presse, La Défense, est édité depuis novembre 1944.

 

Un partenariat pour l’Histoire
Grâce au partenariat avec la BnF, le Secours populaire français a pu donner accès à trois importantes collections de ses archives patrimoniales :

 
De plus, le choix a été fait de numériser quelques ouvrages emblématiques, notamment des recueils de la parole des personnes aidées.
On peut donc désormais facilement accéder aux articles de La Défense, dont les plus anciens numéros, fragilisés par les dernières manipulations, n’étaient plus consultables. L’opération de numérisation a permis de les préserver.
 
Qu’est-ce que La Défense ?
 
Le premier numéro de La Défense paraît le 3 décembre 1927. C’est l’organe de la section française du Secours rouge international, fondé en 1923 à Paris comme organisation de masse de la IIIe Internationale communiste. Dans les premières années, il se donne pour but de faire la lumière sur les conditions des opprimés politiques et sociaux. C’est également le premier vecteur de communication des actions locales, nationales et internationales de l’association.
 
Au fil du temps, et surtout après-guerre, l’association prend progressivement son indépendance et développe son propre discours, pour agir sur les conséquences et non sur les causes. Cela se traduit directement en 1981 par le choix du SPF de rebaptiser son journal Convergence, titre moins combatif et plus rassembleur.
Deux numérotations se sont succédé : la première court de 1927 à 1939. En septembre 1939, suite à la déclaration de guerre et au pacte germano-soviétique, le Secours populaire de France et des colonies est interdit comme toutes les organisations affiliées au parti communiste. La seconde reprend sous le même titre de La Défense au n°1 de novembre 1944, après la reconstitution de l’association sous le même nom en août 1944 à la Libération de Paris.
Ses périodicités et le nombre de pages de chaque numéro sont source d’information sur l’état des finances de l’association : bimensuel (1927-1930), hebdomadaire (1931-1939, 1944-1950), bimensuel (1950-1953). Par manque d’argent, certains numéros sautent régulièrement ou couvrent une période plus importante. La publication se stabilise en 1953 et le journal devient mensuel jusqu’à la fin de La Défense. Enfin les différents formats défient l’imagination : le journal prend même le format italien pour la seule année 1936.

 

La Défense est un journal de mouvement en même temps qu’un journal d’opinion. Il informe son lecteur militant des injustices, mais également de toute l’actualité en lien avec le parti communiste. Il véhicule aussi un courant de pensée qui se traduit par exemple par des rubriques culturelles, cinéma, chansons, livres et théâtre. Une bonne partie des articles traite des sections locales, de leur création, de leurs actions. C’est une source indispensable pour l’histoire de l’association dont les archives ont subi guerre, censure et saisies.
 
Il n’oublie pas également de fêter régulièrement ses propres anniversaires, par exemple lors de ses 40 ans avec le n°502 de septembre-octobre 1966 car, après-guerre, le SPF avait perdu trace de son numéro 1 et le croyait daté de 1926.
 
En 1936, la ligne éditoriale du journal change profondément. En effet, à la faveur du Front populaire, l’association change de nom – de "Secours rouge international section française" à "Secours populaire de France et des colonies". A ce titre la charte adoptée le 1er novembre 1936 indique que "le Secours populaire de France, formé de sections et groupements à appellations multiples, a pour principe et pour but d’unir tous les gens désireux d’apporter leur solidarité matérielle, juridique et morale aux emprisonnés, aux émigrés, aux déportés, aux défenseurs de la liberté, en un mot aux victimes du fascisme et aux persécutés par la réaction, sans oublier les victimes de l’injustice sociale et des calamités naturelles. Cette aide s’entend pour les victimes de toutes conditions sociales, sans distinction d’opinion, de races ou de religions, dont le mérite est d’avoir lutté pour le bien-être du peuple et réalisé sa volonté de paix, de justice et de liberté". De nouvelles rubriques apparaissent, les actions pour les enfants sont mises en avant, la solidarité à l’Espagne républicaine est affirmée et reste une campagne prédominante jusqu’à l’interdiction du journal par le gouvernement en septembre 1939. 53 numéros clandestins seront tout de même publiés sous le régime de Vichy.
 
 
A la Libération, l’association sort de la clandestinité et ressort son journal dès le 1er novembre 1944, avec les moyens du bord. En mars 1945, l’association, après quelques mois de combats acharnés, obtient l’autorisation officielle de la reparution de La Défense. Dans l’immédiate après-guerre, La Défense se fait le reflet des causes de l’époque : châtier les collaborateurs, aider les familles des soldats, déportés et emprisonnés, préserver la mémoire des morts, rechercher les disparus, combattre les injustices et les atrocités dans les colonies.
Les débuts de la guerre froide bouleversent à nouveau la ligne éditoriale qui se repolitise radicalement comme en témoigne les articles de cette époque. A la fin des années 1950, l’idée de solidarité s’élargit : elle est désormais morale et matérielle. En 1959, la maquette évolue pour un format plus petit et plus illustré, essentiellement de photographies. Les caricatures et dessins engagés disparaissent pour laisser place à des représentations consensuelles de la solidarité.
 
De La Défense à Convergence.
Comme l’a montré Axelle Brodier dans ses travaux, le changement de titre, en germe depuis longtemps, est proposé pour la première fois en janvier 1981. Plusieurs titres sont envisagés (Les Chemins de l’entraide, Cœur à cœur, Le Fraternel, Présents, Au service de l’homme…), certains un peu surprenants (Dans la vie pour la vie, Amis à l’infini, L’Effort altruiste, Le Sillon, Le Cœur et la Raison ou plus encore Parlons cœur)…
C’est sur le dernier numéro de La Défense qu’apparaît le célèbre logo du SPF signé Grapus, collectif de graphistes.

La Défense n°666 d’octobre 1981.

Pour aller plus loin :
- Pour un historique plus complet de La Défense, son dernier numéro, le 666, d’octobre 1981, retrace les grandes lignes du journal qui s’apprête à devenir Convergence.
- Axelle Brodier, Le Secours populaire français, 1945-2000 : De l’organisation de masse à l’association de solidarité, histoire d’engagements., thèse de doctorat en Histoire, sous la direction de Danielle Tartakowski, Vincennes-Saint-Denis, Université Paris 8, 2004, 966 p.

Elise Boursault et Claire Grousset, Centre de documentation du Secours populaire français

Commentaires

Soumis par Aissa-Hakim le 20/03/2018

Je recherche copie du journal "La Défense de juin 1951. pouvez-m'indiquer comment et où me procurer ? Cordialement
A-H

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