Rencontres autour de l'édition phonographique : quatre nouveaux entretiens

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Publié par Audrey Viault le 29 novembre 2016 dans Collections

Depuis 2012, de nombreux entretiens ont été menés et enregistrés par le département de l'Audiovisuel, proposant de découvrir des parcours professionnels d'éditeurs phonographiques aux itinéraires singuliers et dynamiques. Jean-Yves Labat de Rossi, Gilbert Artman, Frédéric Leibovitz et Patrick Mathé se sont à leur tour prêtés au jeu de l'interview.

Rencontres autour de l'édition phonographique. Entretiens réalisés par le département de l'Audiovisuel (BnF)

 

Entretien avec Jean-Yves Labat de Rossi
 

Jean-Yves Labat de Rossi connaît sa première expérience de l’enregistrement en 1969 avec son groupe de rock progressif, le Baba Scholae.
Passionné d’orgue et de rock, il travaille sur les synthétiseurs aux États-Unis au sein du label Bearsville Records sur lequel il réalise un album personnel, Mr Frog, puis participe au groupe Utopia mené par Todd Rundgren. Dans les années 1980 il met au point avec John Holbrook un nouveau système d’enregistrement qui le ramène en France pour la production d’une anthologie de musique pour orgue.

Après des initiatives pour la paix en Bosnie puis au Proche-Orient, il lance avec Anne Dieumegard en 2004 son label Ad Vitam Records afin de donner à de jeunes musiciens, en dehors des impératifs de rentabilité, les moyens réaliser leurs enregistrements.
 

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Entretien avec Jean-Yves Labat de Rossi (3 juillet 2015)

 

Entretien avec Gilbert Artman
 

Gilbert Artman est né dans la commune de Livarot en Normandie en 1944. Il découvre dès l’âge de 13 ans le jazz via l’émission d’Europe1 "Pour ceux qui aiment le jazz" et un peu plus tard, le rock. Il fréquente les clubs de jazz du Havre, notamment Le café de l’Europe, et il y fait ses premiers pas à la batterie.
Après avoir effectué son service militaire, il part s’installer à Paris. Il y découvre une vie nocturne « passionnante » entre le club de jazz Le chat qui pêche, la place de la Contrescarpe et la musique arabo-andalouse.

Un concert de Captain Beefheart au Bataclan sera un véritable révélateur et l’incite à fonder son premier groupe, Les rats qui rient, qui se produiront deux fois au Golf Drouot.
Très rapidement, il rencontre les musiciens qui donneront naissance à l’un des groupes de rock mythiques du début des années 1970 : Lard free.
En 1973, il fonde le groupe Urban sax, projet construit autour d’un principe de spatialisation sonore et architecturale. Cette formation à géométrie variable (qui peut comprendre jusqu’à trente saxophonistes), s’est produit dans de nombreuses manifestations à travers le monde.
Lors de cet entretien, Gilbert Artman revient également sur son travail avec Robert Wood, Cyrille Verdeaux, Pierre Clémenti, le groupe Komitern, Pierre Henry, Vidéo aventures, Catalogue et sur la création du label Urban noisy en 2014.
 

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Entretien avec Gilbert Artman (23 novembre 2015)

 

Entretien avec Frédéric Leibovitz
 

Frédéric Leibovitz est né à Paris le 8 avril 1947. Son père, un des premiers disc-jockeys français ("opérateur disque"), lui permet d’obtenir un stage aux Éditions musicales Chappell en 1963. Après cette brève expérience, il occupe différents postes, tels que coursier et assistant du service copyright aux Editions Caravelle.
En 1966 il intègre l’équipe des Éditions Vogue en qualité d’assistant à la direction artistique auprès de Christian Fechner. Après son service militaire il devient en 1967 responsable de Jenner-Music, le département éditorial des disques Philips. Durant cette période, il travaille notamment avec les Aphrodite’s Child pour l’enregistrement de Rain And Tears.
En 1970, il fonde, avec Boris Bergman, sa première société, Les Éditions Musicales Rhinocéros et en 1972, il crée les Editions Frédéric Leibovitz dont l’activité sera marquée notamment par les succès du groupe Il Etait Une Fois (J’ai encore rêvé d’elle) ainsi que par des chansons de Michel Delpech et Guy Skornik. En 1975, il s’associe à Jean-Michel Gallois-Montbrun pour fonder le label folk Cézame qui produit Marcel Dadi, Connexion (avec Jean-Jacques Milteau), Pierre Bensusan ou encore le groupe Gentiane. De cette collaboration naît également en 1976 le label Cobra, orienté vers le rock et les musiques progressives, avec la production d’artistes tels qu’Urban Sax, Heldon (Richard Pinhas) et les premiers groupes punk français Metal Urbain et Asphalt Jungle.

En 1980, après avoir connu quelques revers financiers, Cézame réoriente son activité pour toucher un plus large public et produit la chanteuse brésilienne Nazaré Pereira, Bill Deraime et F.R David, dont le 45t Words, don’t come easy sera vendu à 6 millions d’exemplaires. C’est également au début des années 1980 qu’il s’associe avec RCA-France et crée une première collection de disques pour l’illustration musicale, RCA média.
Il reprend son indépendance en 1985 et fonde, avec son associé Jean-Michel Gallois-Montbrun, le label Koka Media, toujours dédié à l’illustration musicale.
 

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Entretien avec Frédéric Leibovitz (12 frévrier 2016)

 

Entretien avec Patrick Mathé
 

Patrick Mathé est né en 1949 à Moulins dans l’Allier. En 1963, il part rejoindre son père a Paris et découvre notamment via Salut les copains les musiques qui allaient changer sa vie.
Après des études à L’École des hautes études commerciales de Paris, il intègre à 23 ans RCA-France comme chef des ventes. A son retour du service militaire, il saisit l’opportunité qui lui est offerte par RCA de deux ans de salaires en échange de son départ, pour fonder avec un partenaire une chaîne de magasins de disques : Sirènes. Quatre magasins sont ouverts, mais cette première expérience tourne court et il quitte la chaîne fin 1976 - début 1977 pour prendre la direction du magasin de Paris, Music box. Porté par l’effervescence de nouveaux courants musicaux (New wave et Punk), l’exemple des labels indépendants et disquaires londoniens, cette première expérience de vente et de label (Flamingo) est un succès.

En mars 1980, avec son associé Louis Thévenon, ils ouvrent rue Pierre Sarasin, dans le 6ème arrondissement de Paris, le magasin New rose, qui, très rapidement, devient une plaque tournante du rock français alternatif et attire dès son ouverture un public important. Quelques mois plus tard, une première référence discographique est éditée sur le label New rose : Paralytic Tonight, Dublin Tomorrow de The Saints. Plus de 800 disques seront publiés par New rose de 1980 à 1995, rééditions et nouveautés, révélant ou confortant le Gun club, Johnny Thunders, The Cramps, Bo Diddley, Elliott Murphy, Calvin Russell, les Bérurier noir ou les Souris déglinguées.
En parallèle, New rose développe un réseau de distribution très dynamique s’appuyant, entre autre, sur les nombreux disquaires existants alors. En 1992, Patrick Mathé vend le catalogue New rose à la FNAC mais demeure directeur général adjoint du label.

La réception d’une cassette du Lama Gyourmé et Jean-Philippe Rykiel envoyée par Fabien Ouaki, président du groupe Tati, l’encourage à lancer un nouveau label fin 1994 : Last Call. Ce premier disque, Songs Of Awakening, totalise aujourd’hui 400 000 références vendues. Patrick Mathé rachète une part importante du catalogue New rose, rééditant ainsi sur Last call certaines de ces anciennes références. Il continue à suivre certains artistes (Elliott Murphy, Calvin Russell…) et en publie de nouveaux (Gary Lucas, The Silencers, Screamin' Jay Hawkins). Il s’intéresse également aux musiques du monde, notamment à Soledad Bravo et Angel Parra.

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Entretien avec Patrick Mathé (19 août 2016)

 

Le département de l'Audiovisuel remercie Jean-Yves Labat de Rossi, Gilbert Artman, Frédéric Leibovitz et Patrick Mathé d'avoir accepté d'être enregistrés et d'avoir apporté leur expérience et leur vision du monde de l'édition phonographique.
Entretiens réalisés par Jean-Rodolphe Zanzotto et Pierre Bonneau (Bibliothèque nationale de France, département de l'Audiovisuel).
Ingénieur du son : Luc Verrier (Bibliothèque nationale de France, département de l'Audiovisuel).

Ces entretiens appartiennent au corpus Rencontres autour de l'édition phonographique, où de nombreuses autres personnalités témoignent également de leur expérience du métier de producteur phonographique.
Un nouvel entretien sera enregistré prochainement avec Claude Ermelin, ingénieur du son au Studio Davout.

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