Le Tour de France de Gallica : prêt pour le départ !

0
Publié par François Michel le 27 juin 2017 dans Collections

Epreuve cycliste de renommée internationale depuis sa création en 1903, le Tour de France a également popularisé au cours du XXème siècle une série de lieux emblématiques, dont certains comptent encore aujourd’hui parmi les étapes obligées. La BnF et les partenaires de Gallica se sont associés pour vous faire découvrir le patrimoine des régions traversées par les coureurs du Tour. Du 1er au 23 juillet, le blog Gallica fera ainsi étape dans une trentaine de villes du parcours 2017 !

12 juillet 1923, Briançon, Jean Alavoine participant au Tour de France cycliste, Agence Rol

Imaginé et organisé par Henri Desgranges et Géo Lefèvre, directeurs du journal L’Auto, le Tour de France vit le jour en 1903. « La plus grande épreuve cycliste du monde entier », telle qu’annoncée triomphalement en une de ce même journal le 19 janvier 1903, devait permettre d’assurer une vitrine promotionnelle et d’en augmenter les ventes. Dès la première édition de l’épreuve, la volonté d’un ancrage territorial fort fut manifeste pour les organisateurs. « Faire du bien le plus possible, et voir nos amis les plus éloignés, telles sont les deux idées qui donnèrent naissance à la course d’aujourd’hui », peut-on ainsi lire dans leur journal. La course prévoit des étapes « de Paris aux flots bleus de la Méditerranée », en passant «le long de la Loire » et par « toutes les villes roses et rêveuses ».

Les coureurs cyclistes furent immédiatement célébrés dans la presse. « Nos routiers du tour de France sont des routiers exceptionnels », s’enthousiasme par exemple L’Auto du 22 juillet 1910. Cette glorification de l’effort s’accompagna assez naturellement d’une scénarisation évidente, visant à faire des différentes éditions de l’épreuve de réels moments d’engouement populaire autour des « forçats de la route », auxquels il importait alors d’ajouter des lieux susceptibles de marquer les esprits…

recueil_tour_de_france_cycliste_.agence_de_btv1b9077396b_0.jpg
Tour de France cycliste, étape Luchon-Pau le 27 juillet 1936. Agence Meurisse

Alors que les premières éditions faisaient la part belle aux longues étapes de plaine, qui perdurèrent ensuite, la route du Tour prit peu à peu de la hauteur afin de répondre à l’attente du public et de développer l’aspect aventureux de la course. Le 21 juillet 1910, l’étape Luchon-Bayonne resta dans les mémoires, en permettant de découvrir une série de cols appelés à devenir des « classiques »: le Tourmalet, l’Aspin, Peyresourde ou l’Aubisque. Octave Lapize, vainqueur de l’étape, eut selon la presse des paroles devenues légendaires, qualifiant les organisateurs d’ « assassins » et de « criminels ». En empruntant les routes de montagnes, le Tour donna de fait aux grands cols une notoriété certaine, quasi mystique, et créa une sorte de patrimoine sportif, souvent à la faveur de faits de course marquants. Le 6 juillet 1921, une chaleur écrasante dans les Pyrénées poussa les coureurs à se désaltérer dans des cours d’eaux

recueil_tour_de_france_cycliste_.agence_de_btv1b90773362_0.jpg
Tour de France cycliste, départ de la 1ère étape, 30 juin 1937. Agence Meurisse

Le massif alpin devint également un passage obligé avec notamment les cols de l’Iseran, du Galibier ou encore de l’Izoard. Les grands cols servirent à tour de rôle de théâtre pour l’ « épopée du Tour », narrée dans la presse nationale et régionale. Tous les éléments essentiels à la dramaturgie étaient réunis : panoramas grandioses, foules massées sur le bord des routes, chutes spectaculaires, réparations improvisées sur le bas-côté et conditions de course dantesques.

Course cycliste oblige, des références à d’autres épreuves ont également émaillées l’histoire du Tour. Le passage par les pavés du Nord, déjà célèbres grâce au Paris-Roubaix, furent par exemple nombreux. Le choix des villes-étapes revêtit parfois un caractère très symbolique, comme en 1919, première édition d’après-guerre, où Strasbourg fut choisi comme lieu d’arrivée le 21 juillet. La ville fut ensuite visitée à de multiples reprises, comme pour marquer son retour dans les frontières nationales.

recueil_tour_de_france_cycliste_.agence_de_btv1b90776363.jpg
Tour de France cycliste, 20e et dernière étape, 25 juillet 1937. Agence Meurisse

Lieu mythique du Tour parmi d’autres, les Champs-Elysées n’ont pourtant été choisis comme théâtre d’arrivée qu’à compter de 1975. Des origines de la course à 1967, c’est sur le vélodrome du Parc des Princes que les coureurs donnèrent leurs derniers coups de pédale et que les vainqueurs avaient droit à un tour d’honneur. Le public était là aussi au rendez-vous : « Les Tour de France foncent vers le Parc des Princes où 50 000 spectateurs les attendent ! », titrait ainsi L’Intransigeant du 1er août 1938. Le succès ne se démentit jamais par la suite.

Suivez le Tour de France de Gallica dès le 1er juillet, avec un billet consacré à la ville de départ du Tour 2017 : Düsseldorf !

A lire aussi, sur le blog « L’histoire à la BnF » : Pour une histoire des voyages à bicyclette

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.