Découvrir les ouvrages illustrés de François Gauzi

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Publié par Anne Clerc le 25 novembre 2016 dans Collections

De François Gauzi (1862-1933) on connaît parfois l’ami, l’élève ou le modèle de Toulouse-Lautrec, ses peintures dans les musées de Toulouse (au musée des Augustins et au musée du Vieux Toulouse) mais on ignore ses quatre ouvrages illustrés destinés à ses amis ou aux bibliophiles et édités à tirage limité dans les années 20. Grâce à l’opération "Adoptez un livre", les voilà désormais accessibles à un large public.

Le Nébuleux, François Gauzi, Tousouse, E. Privat, 1930

Ces quatre livres, trois en vers et un en prose, ont en commun d’être conçus intégralement par Gauzi avec "une cohésion intime entre le texte et les illustrations", comme il l’annonce dans la préface du premier livre, et ils ont le mérite de dévoiler l’homme et l’artiste ; sa sensibilité comme sa mélancolie.

12 Signes & Chansons (1922)

Gauzi décrit les travaux et les jours, le déroulement des saisons, le bonheur en famille et les travaux agricoles. Le cycle de l’année civile et religieuse est rythmé par les signes du zodiaque qui rappellent l’iconographie gothique avec ses médaillons des mois et des travaux associés. Gauzi n’oublie pas la faune et la flore qui lui sont chères ; le gui, la violette, la rainette ou encore la mante religieuse. La relation de Gauzi avec la nature est profonde, romantique, âpre et réaliste.

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12 Signes & Chansons, François Gauzi, Paris, B. Sirven, 1922

Images et Boniments, Au Pays d’Oc, Toulouse (1925)

Dans ce « livre de pays », Gauzi célèbre sa ville avec amour et sans concession ! La centaine de gravures, dont quelques xylogravures, dévoilent une perspective sur la Garonne, un clocher, une place, un monument, désignent un détail, marmouset de la fontaine Saint-Etienne ou petite fille juchée sur un manège. Et pour le "boniment", "Afin de rompre la monotonie des illustrations, il [l’auteur] a cru devoir ajouter quelques notes, qui les complètent, les expliquent à la manière de boniments débités par un montreur d’images".

Les Etranges Fleurs du jardin d’amour (1927)

Étrange effectivement, à l’époque des "Arts Déco" ce bouquet de 17 poèmes dignes du siècle précédent ! Le futur directeur du musée des Augustins de Toulouse, Paul Mesplé, disait qu’il s’agissait d’ "une satisfaction d’artiste" dans le choix du papier, de la typographie et de la mise en page. Passionné par le monde végétal, Gauzi se fait plaisir aussi bien avec la fritillaire impériale qu’avec la ronce noire et leurs doubles féminins, angéliques ou vénéneux qui viennent clore chacune de ces "fantaisies".

Le Nébuleux (1930)

Le Nébuleux, c’est le testament de Gauzi. 300 pages dans lesquelles il évoque en vers sa vie et sa conception de l’art, le bonheur et la tristesse, ses raisons de vivre, ses admirations et ses détestations. Il y décrit son enfance heureuse à Fronton, les vendanges, la vie à la campagne, sa fréquentation de l’atelier de Fernand Cormon, à Paris - où se croisèrent Van Gogh et Toulouse-Lautrec. Il revient longuement sur son admiration pour les maîtres (Fragonnard, Goya, Chardin ; etc.), son acharnement à poursuivre un idéal. C’est tout à la fois une confession et le "musée intime" de cet authentique créateur.

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Le Nébuleux, François Gauzi, Tousouse, E. Privat, 1930

Quant à la mention permise par l’"adoption", elle s’imposait pour trois de ces livres, pour l'"adoptante" Geneviève Guitard : "Les Etranges Fleurs devaient être associées à son épouse, qui avait posé pour certaines gravures, Images et Boniments, à Joseph Rozès dit Rozès de Brousse (1876-1960), son beau-frère et ami, ardent défenseur du patrimoine toulousain et président de la Société des Toulousains de Toulouse pendant 50 ans, tandis que 12 Signes & Chansons garderaient le souvenir de sa nièce Gabrielle, ma grand-mère, de son mari et de leurs deux filles dont ma mère, filleule de l’artiste. Restait Le Nébuleux, occasion de rendre un hommage personnel à François Gauzi, mon arrière-grand-oncle, dont j’ai découvert tardivement les écrits mais dans lesquels je me suis plongée avec passion."

Propos recueillis par Anne Clerc auprès de Geneviève Guitard

Retrouvez ici tous les billets du blog Gallica consacrés aux livres adoptés !

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