Neptune : quand le calcul précède l’observation

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Publié par Sylvie Voisin, Joseph Chantier le 24 octobre 2016 dans Collections

1846 fut l’année de la découverte de la planète Neptune.

Grandeur comparée de Neptune, d’Uranus et de la Terre (Astronomie populaire : description générale du ciel / Camille Flammarion, 1881)

Jusqu'au XIXème siècle, la connaissance du système solaire se limitait aux planètes visibles à l'oeil nu. Les astronomes s’étaient mis en quète de nouvelles planètes au-delà de Saturne, mais ces planètes lointaines étaient trop difficiles à voir avec les instruments d’époque. Après la découverte d’Uranus en 1781, les astronomes avaient supposé l’existence d’une autre planète, surnommée « planète troublante », à cause de perturbations non expliquées du mouvement des planètes connues du système solaire, et des comètes. D’autres astronomes avaient auparavant observé Neptune, sans l’identifier comme une nouvelle planète (Galilée l’avait déjà observée en 1612). En 1845-1846, plusieurs astronomes cherchèrent à calculer l’emplacement de cette planète perturbatrice à partir des perturbations de la planète Uranus : l’étudiant anglais John Couch Adams et le Français Urbain Le Verrier  (1811-1877), alors enseignant à l’école polytechnique (à la demande de François Arago).

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Le Verrier découvrant la planète Neptune (Astronomie populaire : description générale du ciel / Camille Flammarion, 1881)

Le Verrier présenta ses calculs à l’Académie des sciences les 1er juin et 31 aout 1846, puis les envoya à un astronome berlinois, Johann Gottfried Galle qui, le 23 septembre, trouva la nouvelle planète tout près de l’endroit annoncé.

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Extrait du Journal des débats politiques et littéraires daté du 30 septembre 1846

François Arago, directeur de l’Observatoire de Paris, déclara à l'Académie des sciences : « M. Le Verrier a aperçu le nouvel astre sans avoir besoin de jeter un seul regard vers le ciel ; il l'a vu au bout de sa plume ». 

Il fallut alors lui trouver un nom : Arago suggéra de l’appeler « planète Le Verrier » ; ce fut finalement le nom de Neptune qui fut choisi, sur proposition d’Urbain Le Verrier lui-même. Caricaturistes et chansonniers s’en amusèrent. Par la suite, de nombreux livres de vulgarisation relayèrent la découverte.

La découverte de Neptune a aussi conduit à la découverte de sa lune Triton quelques jours plus tard par William Lassell.

Le Verrier fut félicité pour son travail : il fut nommé officier de la légion d'honneur par Louis-Philippe, et reçu la médaille Copley de la Royal society.

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M. Le Verrier reçu par le roi Louis-Philippe, au palais des Tuileries, à l’occasion de sa découverte de la planète Neptune. (Les Merveilles de la science ou description populaire des inventions modernes, 1870)

En 1854, succédant à François Arago, Urbain Le Verrier fut nommé directeur de l’Observatoire de Paris. Il y développa les services de météorologie. En 1889, une statue en bronze à son effigie fut érigée devant l’Observatoire de Paris.

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Statue de Leverrier à l’observatoire. (Paris et ses merveilles, par L. Huard, 1890)

Il n’y eut plus de découverte de planète jusqu’en 1930, année de la découverte de Pluton (qui fut reclassée en planète naine en 2006). En 1989, 143 ans après sa première observation, Neptune fut survolée et photographiée par la sonde Voyager 2.

 

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