Oscar Wilde dans la presse française, épisode 2 : disparition de l'écrivain

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Publié par Sophie Robert le 17 novembre 2016 dans Collections

Si Oscar Wilde n’a pas eu besoin de la presse pour devenir immortel, celle-ci reflète cependant toutes les étapes de sa vie, périodes de célébrité, de scandale et d’oubli, de sa sortie de prison jusqu’à sa mort en 1900. En 1907, son nom réapparaît dans les journaux et le nombre d’articles et de références le concernant ne fera qu’augmenter jusqu’à la seconde guerre mondiale.

Illustration du Journal, 29 novembre 1937, "Oscar Wilde, vu par son ami Max Beerbohm"

 

Libération et arrivée en France

Dès le début de 1897, les journaux annoncent régulièrement la libération d’Oscar Wilde (La Presse), qui ne se produit que le 20 mai 1897. L’Echo de Paris donne quelques informations sur son lieu de résidence et l’identité sous laquelle il se cache. Il séjourne à Dieppe, puis à Berneval, en Normandie. Le pseudonyme que les journalistes français trouvent balzacien, Sébastien Melmoth, est en fait une référence à Melmoth the Wanderer (Melmoth, ou l’homme errant), roman gothique de Charles Robert Maturin, grand-oncle d’Oscar Wilde, publié en 1820.

Peu de personnes le rencontrent, encore moins des journalistes. Lugné-Poë dans La Presse du 28 mai 1897 évoque leur rencontre. On trouve aussi dans Gil Blas le 22 novembre 1897 le récit d’une entrevue de Louis Sérizier avec Oscar Wilde, sous la signature de Gédéon Spilett, reporter de guerre et accessoirement personnage de L’île mystérieuse de Jules Verne.

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Portraits d'Oscar Wilde "vers 1900" par Ernest La Jeunesse, revue Maintenant, octobre-novembre 1913

 

Mort à Paris

Par la suite Oscar Wilde vit la plupart du temps à Paris, à l’hôtel de Nice puis l’hôtel d’Alsace, tous deux rue des Beaux-Arts. Il y meurt le 30 novembre 1900 (Le Figaro, L’Aurore, Gil Blas). L’enterrement a lieu au cimetière de Bagneux (Gil Blas, Echo de Paris). Jean Lorrain note le contraste entre les ovations passées et le silence de cette dernière période dans Le Journal les 6 et 10 décembre. Ernest La Jeunesse écrit un long article dans la Revue Blanche, suivi par Lucien Muhlfeld dans Le Journal.

 

1907 : Salomé et la Bibliothèque nationale

En mai 1907, l’actualité autour de l’œuvre d’Oscar Wilde est foisonnante : ses Poèmes sont publiés chez Stock, Salomé de Richard Strauss est jouée au théâtre du Châtelet (LEcho de Paris du 9 mai 1907 ; La Presse, Le Gaulois, Le Temps du 10 mai 1907), Aubrey Beardsley expose ses dessins de l’édition anglaise illustrée de Salomé et Lugné-Poe monte La Tragédie Florentine au théâtre de l’œuvre (Gil Blas, 8 mai 1907 ; La Presse, 19 mai ; L’Aurore, 22 mai ; Le Temps, 27 mai).

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Edition anglaise de Salomée illustrée par Audrey Beardsley

Le Figaro du 15 mai 1907 enquête : l’édition originale de Salomé, écrite en français par Oscar Wilde, a été publiée en 1893 par la Librairie de l’Art indépendant d’Edmond Bailly. Un bibliophile, souhaitant rééditer l’œuvre, s’est rendu à la Bibliothèque nationale, rue Richelieu, pour la copier et, à un an d’intervalle, a reçu la même réponse : « Le volume est à la reliure ». Le journaliste du Figaro s’y rend et reproduit ses échanges avec les bibliothécaires. L’écho est relayé par Gil Blas et, en fin d’année, l’affaire réapparait à propos des vols de la « Bande Thomas ». La presse soupçonne que le livre a été volé : l’exemplaire de Gallica, acquis en février 1908, confirme cette hypothèse.

Prochain épisode : Oscar Wilde dans la presse française : le phénix

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