La mort mystérieuse de Raspoutine, épisode 2 : un meurtre impuni

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Publié par Clélia Guillemot le 17 janvier 2017 dans Collections

Quelques jours après l’annonce de l’assassinat de Raspoutine, son corps est retrouvé et autopsié. Des précisions sont apportées sur les circonstances de sa mort.

Voyage de Mr Poincaré en Russie : le théatre impérial et la Néva à St Petersbourg, 1914

 

Les circonstances de sa mort

Après avoir tenté de l’empoisonner, ses assassins l’ont abattu de trois balles et jeté dans la Neva. Son cadavre est repêché dans le fleuve trois jours après. La presse s’empare de la nouvelle : « Après le meurtre de Raspoutine, le cadavre retrouvé » (L’Intransigeant, Le Gaulois, Le Journal  du 3 janvier 1917 ; Le Rappel, Le Petit Journal, Le Journal des débats, L’Action française du 4 janvier 1917).

Félix Youssoupov prétend que le sang retrouvé à son domicile est celui d’un chien tué chez lui par un hôte ivre. Version reprise par ses domestiques (L’Intransigeant du 5 janvier ; Le Rappel et le XIXème siècle du 6 janvier 1917). Des informations diverses et contradictoires sont données (Le Temps du 7 janvier 1917) ; dans l’article de L’Intransigeant du 8 janvier, « Comment fut tué Raspoutine » il est question d’abandonner les poursuites car le meurtrier aurait agi en état de légitime défense. C’est l’hypothèse qui va bientôt être retenue par la presse (Le Figaro, L’IntransigeantLa Croix, Le Gaulois, La Lanterne, Le Temps, L’Action française du 9 janvier 1917).

Dans L’Intransigeant du 14 janvier 1917, le nom d’un nouvel assassin apparaît : Vladimir Pourichkevitch, député d’extrême droite, qui aurait voulu le convaincre lors d’un dîner de cesser son influence néfaste sur la politique russe. Dans son numéro du 18 janvier l’Intransigeant titre : Le Festin de mort : Comment on opéra contre les « forces ténébreuses ». Raspoutine se serait énervé et aurait tiré, obligeant ses hôtes à le tuer. Scénario repris par Le Figaro et le Temps, du 18 janvier.

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Les "forces ténébreuses" à la veille de la Révolution russe : Raspoutine et sa cour de femmes

Fin janvier la censure dont ont été victimes les journaux russes concernant la mort de Raspoutine (« Les divisions intérieures russes » dans L’Ouest-Eclair du 29 janvier 1917)  se relâche permettant d’obtenir des détails sur le personnage et son rôle dans la vie politique russe (L’Epopée de Grégoire Raspoutine dans L’Intransigeant du 27 janvier 1917 ; Raspoutine, dans Le Mercure de France du 1er février 1917).

 

Un meurtre resté impuni

L’impératrice fait arrêter le grand-duc et le prince Youssoupoff mais Nicolas II les libère et les fait envoyer en exil. Le grand-duc Dimitri, comme le relate son père dans un entretien cité par le Gaulois du 22 avril 1917, est exilé en Perse et Félix Youssoupoff relégué dans sa propriété près de Koursk. Les autres conjurés prennent la fuite.

Dès le 19 mars, alors que les Romanov ont cessé de régner, la presse annonce que les poursuites sont abandonnées et les meurtriers rappelés d’exil (Le Petit journal, le Petit Parisien, L’Echo de Paris, l’Action française). Le Temps (20 mars 1917) annonce l’épilogue du meurtre de Raspoutine.

Or de nouveaux épisodes interviennent quelques jour plus tard : son corps est exhumé (L’Intransigeant du 25 mars 1917 ; Le Siècle du 26 mars 1917). Pour discréditer la tsarine, le grand-duc Paul, père de Dimitri, prétend que ses femme et fille auraient été arrêtées car l’esprit de Raspoutine réclamait vengeance lors de séances de spiritisme (Le Matin, Le Gaulois, le Petit parisien, le Temps, le Journal des débats, le Petit journal, L’Excelsior du 27 mars 1917). Enfin son cadavre est incinéré (Le Figaro, le Petit journal, du 28 mars ; Le Matin, La Lanterne, la Croix, le Temps du 29 mars 1917).

 

Un mystère persistant

La mort de Raspoutine, liée à la chute du tsarisme et au début de la Révolution russe (Sept, du 21 août 1936) s’achève sur une « aube sanglante » (Le Gaulois du 3 décembre 1917).

Dans « Une page d’histoire : le meurtre de Raspoutine », le Progrès du 31 août 1922 donne une version vraisemblable du meurtre tout en le justifiant.

Quelques années plus tard, en septembre 1923, la Revue de Paris publie le texte de Vladimir Pourichkievtich intitulé  Comment j’ai tué Raspoutine .

Félix Youssoupoff racontera sa version dans « La fin de Raspoutine » (1 ;  2 ;  3 ; fin) parue en quatre parties dans la Revue de Paris en octobre et novembre 1927 et reprise dans le magazine Le Lisez-moi historique du 20 septembre 1935.

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« Les secrets du mystère Raspoutine » du Petit Journal du 1er juillet 1928 apportent une conclusion : Raspoutine, ivrogne mais pas espion, a mis en péril les Alliés, dont faisait partie la France, et contribua indirectement à la Révolution russe.

 

Lire aussi : La mort mystérieuse de Raspoutine, épisode 1 : L'assassinat

 

 

Commentaires

Soumis par Louise le 18/01/2017

Bonjour,

Merci pour cette série sur Raspoutine. Avez-vous croisé, dans vos recherches sur ce personnage, des renseignements sur son rapport aux femmes? Pourquoi parle-t-on de sa "cour de femmes" ?

Louise

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