Napoléon Ier et Paris

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Publié par Charles-Eloi Vial le 15 avril 2015 dans Collections, Du côté des Gallicanautes

Particulièrement à l’honneur en année du bicentenaire des Cent-Jours et de la bataille de Waterloo, les commémorations autour de l’héritage napoléonien permettent aussi de revenir sur une facette méconnue de l’épopée impériale : les grands travaux d’embellissement et de réaménagement de Paris. A Sainte-Hélène, l’empereur déchu confiera à ses compagnons d’exil que son rêve était de faire de Paris « la capitale de l’univers ». S’il reste des traces concrètes de cette ambition, comme la rue de Rivoli ou l’Arc de Triomphe, d’autres ne peuvent se retrouver qu’en parcourant les collections de la BnF.

Charles Percier, Arc de triomphe du Carrousel, vue de la face orientale

Les nombreux projets des architectes Percier et Fontaine, que ce soit l’arc de triomphe du Carrousel, les gigantesques projets de reconstruction de la Bibliothèque impériale, appelée à devenir, dans l’esprit de l’Empereur, la Bibliothèque nationale de l’Europe entière, ou ceux de la reconstruction du Louvre, témoignent ainsi de l’intérêt accordé par Napoléon à l’architecture. D’autres documents, plus techniques peut-être, révèlent les immenses investissements consentis par le gouvernement impérial afin d’améliorer la vie quotidienne des Parisiens, comme cet « Etat des travaux de Paris », daté du 1er janvier 1813, où apparaissent les différents chantiers en cours : « Abattoirs de Ménilmontant », « Halles aux grains », « Greniers de réserve », « Fontaine de la place de la Bastille », « nouveaux Lycées »…

Charles Percier, projet de Musée Bibliothèque pour le Louvre, coupe longitudinale, 1800-1804
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10303384r
 

Dans ce Paris en pleine transformation, Napoléon se sentait comme chez lui et n’hésitait pas à sortir régulièrement dans les rues où, même après la retraite de Russie et en plein déclin de l’Empire, les Parisiens se bousculaient pour l’acclamer. Les visiteurs étrangers étaient éblouis par les travaux initiés par le gouvernement impérial, tandis que les grandes fêtes dynastiques, comme celles du Sacre de 1804, du mariage de Napoléon et Marie-Louise en 1810 ou de la naissance du Roi de Rome en 1811, étaient immortalisées par des gravures diffusées dans toute l’Europe.

Le Paris de Napoléon, capitale inachevée d’un Empire gigantesque, dont les moindres recoins sont révélés par une grande exposition organisée au musée Carnavalet du 8 avril au 31 août, est tout autant, les collections de la BnF en témoignent, une capitale de pierre qu’un rêve de papier.

Charles-Eloi Vial - Département des manuscrits

Pour aller plus loin :

Bibliographie sur les ressources concernant l’histoire du Louvre sous la Révolution et l’Empire disponibles dans Gallica, élaborée par la Fondation Napoléon.

Napoléon et Paris : rêves d’une capitale, cat. exp., sous la dir. de Thierry Sarmant, Florian Meunier, Charlotte Duvette et Philippe de Carbonnières, Paris, Paris Musées, 2015.

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