Portrait de l’Odieux Connard. Qu’il est bon d’être mauvais… mais aussi Gallicanaute !

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Publié par Isabelle Degrange le 14 septembre 2017 dans Du côté des Gallicanautes

"Qu’il est bon d’être mauvais !" Telle est la devise de Julien Hervieux, alias l'"Odieux Connard", dont le blog est un concentré d’humour noir. Fort du succès de son blog et de ses livres, cet ancien professeur a lancé au printemps une chaîne d’histoire sur YouTube. Quels ne furent pas l’étonnement et la joie dans les tours de la BnF lorsque l’on découvrit que Gallica était au générique. L’Odieux Connard serait donc un Gallicanaute ? On est prié de ne pas intervertir les termes de cet énoncé…

 

Albert Roche et le Maréchal Foch, image extraite de la vidéo
"Le Petit Théâtre des Opérations : Albert Roche, le Captain America Français".

Bonjour, pouvez-vous nous parler un peu de vous ? 

Je suis Julien Hervieux, auteur du blog et des livres de l'Odieux Connard, mais aussi d'ouvrages plus historiques comme À la Vie, à la guerre, roman-série "en temps réel" sur la vie d'un soldat durant la Première Guerre mondiale, et humble vidéaste amateur derrière "Le Petit Théâtre des Opérations", chaîne de vidéos qui reprend le principe de l'Odieux Connard : raconter des histoires, et dans le cas présent, l'Histoire, en y ajoutant une touche d'humour noir. Je passe donc beaucoup de temps sur Gallica, que ce soit pour mes romans ou mes vidéos, afin de consulter des documents d'époque.

 

Comment le blog de l’Odieux Connard est-il né ? 

Tout simplement. Cela faisait un moment que mon entourage me poussait à écrire en ligne ce que je racontais de vive voix. Sur un coup de tête, j'ai fini par m'y essayer en me disant que nous verrions bien où cela mènerait. Et puis, des gens ont commencé à me lire – les malheureux ! – j'ai donc décidé de continuer un peu... puis beaucoup. Huit ans plus tard, le blog est visité chaque année plusieurs millions de fois, et me prend un temps certain. Mais comme c'est pour me faire plaisir, tout va bien. Le Petit Théâtre des Opérations est d'ailleurs né de la même manière : je racontais des anecdotes historiques de vive voix, on m'a répété "Mais pourquoi n'essaies-tu pas de le faire en ligne ?". Et me voilà. 

Comment avez-vous découvert Gallica ?

J'ai commencé ma carrière il y a quelques années maintenant en tant que... professeur d'histoire. C'est le genre de ressources dont on a rapidement besoin pour présenter des choses concrètes à ses élèves. J'y suis par la suite revenu régulièrement, que ce soit pour des recherches personnelles ou professionnelles.

Depuis quelques mois, vous postez sur YouTube des vidéos qui, de manière humoristique, relatent des anecdotes historiques. Comment utilisez-vous Gallica pour préparer ou présenter vos vidéos ?

Pour réaliser des vidéos, il me faut des images. J'utilise donc Gallica pour en trouver, mais aussi pour consulter la presse de l'époque, ou certains documents traitant de tel ou tel sujet sur lequel j'ai des questions. Généralement, cela dérive, et j'avoue me retrouver à feuilleter la presse de l'époque...

 

Avez-vous recours à Gallica pour d’autres projets ? 

Mon métier étant en bonne partie d'écrire, y compris sur des sujets historiques, j'utilise effectivement Gallica assez intensément. Je prends l'exemple de À la Vie, à la guerre : j'ai créé des personnages de fiction intégrés au sein du régiment historique qu'est le 24e régiment d'infanterie durant la Première Guerre mondiale. J'utilise Gallica pour lire la presse de l'époque et voir comment les événements y sont rapportés (le journal L'Intransigeant, intégralement disponible sur Gallica, fait d'ailleurs entièrement partie de l'intrigue), et le site Mémoire des hommes, du ministère de la Défense, pour lire les journaux de marche des unités et donc pouvoir connaître les mouvements, les assauts, les heures et intensité des bombardements... A partir de ces deux sites, on peut déjà recréer assez précisément une époque dans un roman. Si on ajoute à cela que nous sommes à l'heure des photographies satellites consultables par tous, on peut même vérifier la ligne de vue depuis une colline, la distance entre deux villages... Ecrire des récits historiques au XXIe siècle, ça demande d'être connecté !

 

Une anecdote au sujet d'un document découvert dans Gallica ?

J'ai découvert qu'en 1914, les journalistes n'hésitaient pas à écrire "dauber" pour dire qu'un ministre "daubait" sur un autre, ce qui est très élégant reconnaissons-le. Je dois bien avouer aussi que, malgré toutes mes lectures personnelles, lire la presse de l'époque est l'occasion de découvrir quantité d'anecdotes, justement. On en découvre une, on fait quelques recherches, on découvre toute une histoire, et on se dit que ça doit être raconté. Pour peu que l'on aime l'histoire, Gallica est vraiment un piège. On commence à lire un document, on passe à un autre, et on s'aperçoit que ça fait deux heures qu'on ne fait rien d'autre.

Rencontrez-vous des difficultés propres à vos recherches ? 

Pas spécialement ! Il m'est déjà arrivé de ne pas trouver certains documents sur Gallica – je pense spécifiquement à des plans d'époque ou photographies spécifiques – mais Gallica ne peut pas tout. Je n'ai donc pas à me plaindre.

Quels sont vos prochains projets ?

Ils sont nombreux – mais qui n'en a pas ? Je souhaite reprendre À la Vie à la guerre (pour l'instant arrêté en 1915), produire plus de vidéos historiques, bien sûr, et multiplier les conférences sur le sujet, que je donne aussi bien aux Geek Faëries (un excellent festival où l'on retrouve nombre de vidéastes, dont des historiens bien connus sur Youtube comme Nota Bene ou Confessions d'histoire) ou même, dernièrement, à des membres de la réserve de l'Armée de l'Air. Et cela, sans compter les autres projets de l'Odieux Connard !

Le mot de la fin ?

On vit dans un monde où, en deux clics, on peut consulter des siècles de documents historiques. Chaque fois que j'y pense, je me dis : "C'est bien de vivre dans le futur".

Pour suivre les projets de Julien Hervieux :

Vous aussi vous utilisez Gallica pour un projet qui vous tient à cœur et vous souhaiteriez en parler sur le blog Gallica ? N’hésitez pas à nous contacter à gallica@bnf.fr en mentionnant "Billet Gallicanautes" dans l’objet de votre message.

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