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Voyageuses & exploratrices en Orient

Patrimoines Partagés
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14 mars 2018

Le site Bibliothèques d’Orient propose de multiples documents sur les voyageurs mais aussi les voyageuses qui ont visité l’Orient en train, en bateau, à cheval ou à pied.
 

Ces Européennes étaient animées par des raisons aussi variées que celles invoquées par leurs comparses masculins : portées par leur foi chrétienne et leur souhait de voir les lieux saints, préoccupées par leur santé et donc à la recherche d’un climat plus clément ou bien membres de missions scientifiques prospectant des sites antiques, ces personnalités ont laissé de nombreux témoignages de leurs visites et rencontres. De fait, elles participèrent au mouvement "orientaliste" associé à la (re)découverte d’un Orient fantasmé, tout en adoptant souvent un discours original, démystifiant notamment les harems, lié à leur statut de femme.
 

Pour préparer au mieux leur séjour en Orient, ces voyageuses pouvaient compter sur les nombreux récits de voyage déjà publiés et également sur les guides touristiques dont les publicités indiquaient parfois l’existence de "salons pour dames" dans tel ou tel hôtel de luxe.

Extrait du guide Égypte de Georges Bénédite et Adolphe Joanne, Hachette (Paris), 1900

Plusieurs femmes ont cherché à aller au-delà du rôle d’observatrice qui leur était parfois assigné.
Issue du mouvement saint-simonien, Susanne Voilquin publie ses souvenirs au retour de son séjour en Égypte entre 1834 et 1836, où elle soigna les malades aux côtés d’un médecin français lors de l’épidémie de peste au Caire. Dans son récit, elle déplore l’enfermement des Égyptiennes et le peu d’éducation qu’elles reçoivent.
En 1850, la Princesse Cristina Trivulzio de Belgiojoso fuit l’Italie pour des raisons politiques et travaille 5 ans près d’Ankara, dans une exploitation agricole et au plus près de la population, donc bien loin de ce à quoi son origine sociale l’avait destinée.

Jane Dieulafoy à cheval, extrait de la revue Le tour du monde, 1883

Quant à Jane Dieulafoy, entre 1881 et 1882, elle participe avec son mari à une mission qui les conduit de Téhéran à Bagdad en passant par Ispahan. Leur intérêt porte aussi bien sur les ruines de l’empire perse que sur les merveilles architecturales de l’art islamique : A Ispahan, la voyageuse s’extasie ainsi devant le Meïdan Chah où "le ciel admirablement pur fait vibrer sur un fond d’un bleu presque noir les émaux turquoise mêlés aux volutes blanches ou jaunes des coupoles et des minarets". A la fois photographe, écrivaine, dessinatrice, Jane Dieulafoy surprend ses hôtes par son port du pantalon et sa coupe de cheveux courte, qui donnent lieu parfois à des quiproquos :

J. Dieulafoy, La Perse, la Chaldée et la Susiane, 1887, p. 133

A l’instar de l’exploratrice, quand les voyageuses se faisaient journalistes, elles publiaient fréquemment dans des revues françaises, comme Le tour du monde, mais également dans la presse locale, par exemple dans le mensuel l’Égyptienne, revue francophone féministe publiée au Caire. Alice Poulleau, entre autres, grande défenseuse de la cause syrienne face au mandat français, y faisait régulièrement publier ses papiers après son séjour dans cette région entre 1924 et 1926.

Revue mensuelle l'Égyptienne, octobre 1927 (CEAlex)

Issu de la collection Patrimoines partagés, le site Bibliothèques d’Orient est une présentation de ressources choisies dans Gallica qui propose côte à côte des documents des collections de la Bibliothèque nationale de France, et d’institutions de recherche au Moyen-Orient.

Bibliothèques d’Orient a été réalisée grâce au soutien de et

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