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Rencontres médicales : l'hôpital Bichat-Claude Bernard

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11 juin 2013

Le cycle « Rencontres médicales » vous présente l’histoire d’hôpitaux parisiens qui portent le nom de  célèbres médecins. Ces praticiens continuent à vivre aujourd’hui à travers ces lieux de soins chargés d’histoire.

Après l’hôpital Trousseau, La Pitié-Salpêtrière et Broussais nous poursuivons ce cycle avec l’hôpital Bichat-Claude Bernard, situé au Nord de Paris. L’année 2013 célèbre le bicentenaire de la naissance de Claude Bernard (1813-1878), figure tutélaire de la physiologie et de la médecine expérimentale au XIXe siècle. Son Introduction  à l’étude de la médecine expérimentale marque l’acte de naissance de la physiologie comme science, avec ses concepts autonomes de ses méthodes d’investigation propres. Plusieurs manifestations lui sont consacrées cette année et une bibliographie est disponible sur le site de la BnF.

Claude Bernard dans son laboratoire © BIUS

http://www.biusante.parisdescartes.fr/histoire/images/index.php?refphot=...

 

Marquée par trois grandes étapes, l’histoire de la construction de l’hôpital Bichat suit celle des progrès  de la médecine et la conception que la société se fait de cette discipline, entre science et art.

La première étape commence avec la transformation d’un ancien poste de caserne d’octroi cédé à l’Assistance Publique par l’armée, le Bastion 39 de l’enceinte de Thiers, en hôpital Bichat. Ces travaux font suite à la démolition d’une partie des bâtiments de l’ancien Hôtel-Dieu-Annexe et la reconstruction du Pont-au-Double, en 1879. Pour pallier ces démolitions et après des travaux d’agrandissement de deux ailes puis de deux pavillons, l’hôpital Bichat ouvrait ses portes en mars 1882. L’hôpital compte à l’époque 191 lits et ce n’est qu’en 1902 qu’il sera alimenté en électricité.

La deuxième étape dans l’histoire de l’hôpital commence pendant l’entre-deux-guerre par un  vaste programme de travaux qui s’étendent jusqu’en 1940 et qui permettent de procéder à la reconstruction totale de l’hôpital Bichat. Le nombre de lits est alors porté à 996 et ce nouvel hôpital comprend trois services de chirurgie, quatre de médecine, une maternité, un service d’ophtalmologie et un service d’oto-rhino-laryngologie.  Pendant la seconde guerre mondiale, après avoir rendu de nombreux services aux blessés,  l’hôpital  a  subi de graves dommages lors des derniers bombardements allemands dans la nuit du 26 août 1944. La façade de l’hôpital qui donnait sur le boulevard Ney a été détruite et de nombreuses victimes sont à déplorer dans le désastre.

 

Dégâts dus aux bombardements à l'hôpital Claude Bernard, 1918
 

Avec un nouveau programme de construction décidé au début des années 70, une troisième étape marque l’histoire de l’hôpital Bichat avec l’implantation de nouveaux services, la construction de nouveaux établissements et la reconfiguration des anciens. L’Hôpital n’est plus uniquement un lieu de soins, il devient aussi un espace dédié à la recherche et à l’enseignement.

En 1988 l’hôpital Claude Bernard, spécialisé dans les maladies infectieuses, est transféré de la Porte d’Aubervilliers à l’hôpital Bichat en raison de la vétusté de ses bâtiments. L’hôpital Claude Bernard, alors renommé Bichat-Claude Bernard, a poursuivi sa vocation de médecine infectieuse et tropicale de premier plan, maintien d’une longue tradition de lutte et de prévention contre les maladies infectieuses.

Hasard ou destin, deux figures marquantes de l’histoire de la médecine française, Xavier Bichat (1771-1802) et Claude Bernard se rencontrent sur le frontispice du même lieu de soin.

Sans même se servir du microscope, à l’époque, Bichat identifie dans le corps humain des classes de membranes (nous dirions des tissus) ayant chacune leur structure propre et leur rôle dans l’organisme et prône ainsi, en précurseur, la nécessité des études physiologiques. Bichat reste cependant attaché aux théories du Siècle des lumières et considèrent les organes humains des machines obéissant à des principes mécaniques précis, dont le dérèglement crée la maladie.

Bien qu’il ait réussi à dépasser le vitalisme métaphysique qu’il contestait chez Bichat, Claude Bernard est resté bien plus fidèle qu’on ne le dit généralement à l’enseignement et à l’esprit de Xavier Bichat.

A bientôt pour d’autres découvertes  sur l’histoire des hôpitaux parisiens !

Alina Cantau, Département Sciences et techniques

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