Les oiseaux, ou comment les dinosaures ont survécu

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Publié par Luc Menapace le 10 juin 2015 dans Collections

Tous les dinosaures n'ont pas disparu il y a soixante-six millions d'années, terrassés par les effets de la chute d’une météorite ou par des éruptions volcaniques massives. Un groupe de dinosaures a survécu, et leurs descendants viennent roucouler à l’aube sur votre balcon.

Camille Flammarion, Le Monde avant la création de l’homme, 1885
 

Le terme de dinosaure apparaît en 1842 sous la plume de l’Anglais Richard Owen, un des pionniers de la paléontologie. Il désigne un ensemble d’animaux plus ou moins spectaculaires et dont on a fait le synonyme d’animal préhistorique disparu. Or le groupe des dinosaures aviens est encore bien vivant, plus connu sous le nom d’oiseaux. Et tous les animaux disparus n’étaient pas des dinosaures. Les vertébrés volants comme les ptérodactyles, et les vertébrés marins comme les ichtyosaures ou les plésiosaures n’étaient pas des dinosaures mais ont inspiré une célèbre scène de combat marin à Jules Verne dans son Voyage au centre de la Terre.

Cinéma et littérature ont abondamment repris ce thème des espèces inconnues ou des espèces disparues survivant dans un espace isolé et protégé. Qu’il suffise d’évoquer Le Monde Perdu d’Arthur Conan Doyle, ou les dinosaures qu’affronte King Kong dans le film du même nom. Pourtant, il arrive que la réalité rejoigne la fiction, comme lors de la découverte de spécimens vivants de cœlacanthe en 1938. Des fossiles de ce poisson avaient été découverts au XIXème siècle par Louis Agassiz et l’on croyait l’espèce éteinte depuis des millions d’années, alors qu’elle avait survécu dans les grands fonds. De nombreuses espèces restent à découvrir : l’okapi n’est connu que depuis un siècle.

 

"Les rois de la terre à l'époque jurassique : iguanodon et mégalosaure dans une forêt de fougères, de cycadées et de conifères" (Camille Flammarion, Le Monde avant la création de l'homme, 1885)
 

La connaissance des dinosaures a beaucoup progressé ces dernières années grâce à des fossiles très bien conservés et dotés de plumes. Les dinosaures à plumes sont connus depuis la découverte de l’archéoptéryx il y a un siècle et demi, mais on ignorait voilà encore vingt ans le nombre d’espèces qui étaient pourvues de plumes, à commencer par les célèbres tyrannosaures et vélociraptors. Leurs plumes ne leur servaient pas forcément pour voler ou planer. Imaginez un Tyrannosaure volant ! En fait, les plumes servirent d’abord de protection et d’isolation thermique aux dinosaures, puis permirent dans un second temps à certaines espèces de voler ; c’est ce qu’on appelle une exaptation.

Après la disparition des dinosaures non aviens, couverts de plumes ou non, les espèces survivantes s’emparèrent des niches écologiques laissées vides. Les oiseaux occupèrent celle des espèces volantes, à peine concurrencés par les chauves-souris. Il faut aussi rappeler que les premiers oiseaux avaient des dents, tel hesperornis. L’éventail des espèces d’oiseaux allait du colibri aux oiseaux géants, dont certains mesuraient 3 mètres de haut pour un poids d’une demi-tonne, tel aepyornis. Des oiseaux carnivores comme gastornis prirent la place de dinosaures prédateurs avant d’être eux-mêmes concurrencés par des mammifères. Les oiseaux géants ont survécu plus longtemps dans les îles comme le moa de Nouvelle-Zélande ou le casoar de Nouvelle-Guinée.

 

 

L’observation d’une patte d’oiseau rappelle à elle seule l’origine dinosaurienne des oiseaux. Quant aux mammifères, ils descendent des reptiles mammaliens, et une partie de leur cerveau est appelée cerveau reptilien. Les dinosaures et leurs cousins fossiles ont encore beaucoup à nous apprendre.

Luc Menapace, département Sciences et techniques

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