La mort mystérieuse de Raspoutine, épisode 1 : l'assassinat

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Publié par Clélia Guillemot le 10 janvier 2017 dans Collections

Raspoutine, né en 1869 à Pokrovskoïe en Sibérie dans une famille de paysans, a marqué l’Histoire de la Russie. Son nom, d’après la Revue des deux mondes de janvier 1921, vient de l’argot paysan « raspoutnik » qui signifie le débauché, le paillard, le détrousseur de filles. Fut-il un saint homme ou un charlatan ?

Portraits de Grigorij Efimovič Rasputin

 

Une tragédie russe

Mystique errant, il voyage beaucoup. A Saint-Pétersbourg il est introduit auprès de la famille impériale. Le tsar Nicolas II et sa femme, Alexandra Feodorovna, l’estimeront et le défendront jusqu’au bout. A plusieurs reprises, en effet, il aurait sauvé de la mort leur jeune fils hémophile, le tsarévitch Alexis.

Accusé pendant la guerre d’être pro-allemand et d’avoir trop d’influence sur la famille impériale, il est assassiné le 16 décembre 1916 (29 décembre pour notre calendrier) par cinq individus qui l’attirent dans un traquenard, dont le grand-duc Dimitri, cousin de Nicolas II et le prince Félix Youssoupov (Le Journal du 2 janvier 1917).

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Felix Youssoupoff et le grand duc Dimitri

 

L’assassinat

Dès le 1er janvier 1917 la presse annonce le meurtre de Raspoutine.Tous les grands quotidiens, la Croix, Le Petit Parisien, le Journal, le Figaro, le Journal des débats, la Lanterne, le Petit Journal, l’Echo d’Alger, L’Excelsior reprennent l’information. Les circonstances du crime restent vagues et selon les journaux les causes varient.

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Le meurtre de Raspoutine dans l'Excelsior et le Petit Parisien

L’homme libre (1er janvier 1917) titre « Meurtre politique en Russie » et considère Raspoutine comme « l’un des membres les plus influents du parti germanophile et ultraréactionnaire ». Pour le Rappel (1er janvier 1917) également, il s’agit d’un meurtre politique.

Le Siècle (2 janvier 1917), très haineux, parle de bonne nouvelle, considérant qu’il s’agit de l’exécution d’un traitre lié à l’Allemagne et non d’un meurtre.

L’Action française (1er janvier 1917) dans « le Mythe éternel » le décrit comme un personnage romanesque devenu un bouc émissaire.

Pour l’Intransigeant (1er janvier 1917) l’affaire est sentimentale mais a d’heureuses conséquences : la disparition d’un homme à l’influence profondément néfaste. Le Gaulois (1er janvier 1917) suppose une vengeance de famille. Après avoir évoqué sa mort violente, Le Temps (1er  janvier 1917), dans  «  Ceci n’est pas un conte »  (le 2 janvier 1917), considère Raspoutine comme un personnage dissolu, parle de raisons mystérieuses à son assassinat et donne le nom d’un coupable, le prince Youssoupof, dont la famille avait déjà été entachée d’un scandale, d’après La Guerre mondiale (10 janvier 1917).

Prochain épisode : Un meurtre impuni

Commentaires

Soumis par La Gauloise le 19/01/2017

Selon vos sources, la guérison du tsarévitch attribuée à Raspoutine, vient-elle d'une compétence du personnage en médecine, ou plutôt d'un fluide mystique ?

Merci pour ce billet.

 

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