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La Pitié-Salpêtrière – quatre siècles d’histoire

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8 janvier 2013

De nombreuses manifestations culturelles sont actuellement organisées par le plus vaste établissement hospitalier de Paris, l’hôpital de La Pitié-Salpêtrière, pour célébrer son histoire qui remonte à quatre siècles.

[Le treizième arrondissement de Paris] / Eugène Atget, photogr.
Source: gallica.bnf.fr
(Eugène Atget - Porte Salpêtrière, juin 1899)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105177402/f1.item

 

Nous retrouvons dans Gallica quelques traces de sa spectaculaire évolution dans le temps. En 1612, la régente Marie de Médicis décide de construire l’hospice Notre Dame de la Pitié (source BIU Santé), établissement destiné à enfermer les pauvres de la ville. L’emplacement occupait à peu près le territoire de l’actuelle mosquée de Paris et était placé sous la tutelle du Parlement. Le 27 avril 1656, par l’édit du Roi, l’Hôpital général est créé également dans le but d’enfermer les mendiants des villes et des faubourgs devenus trop nombreux avec les malheurs des guerres. Cette situation inquiétait et était incompatible avec la monarchie absolutiste qui se mettait en place avec Louis XIV. Cinq maisons formaient l’Hôpital général : la Pitié, Scipion, Savonnerie, Bicêtre et la Salpêtrière, la Salpêtrière étant le plus connu. L’hospice de La Salpêtrière (source BIU Santé) doit son nom à la fabrique de poudre à canon (le salpêtre en était un composant) du Petit Arsenal, construit sous Louis XIII, sur la rive gauche de la Seine et situé à l’époque en dehors de Paris. Certains bâtiments légués par le Petit Arsenal à l’hospice sont encore intacts aujourd’hui. Jusqu’à la veille de la Révolution, la Salpêtrière n’avait pas de fonction médicale et les malades étaient transportés à l’Hôpital Dieu (source INHA) pour y être soignés.

La Salpêtrière subit au fil du temps des modifications majeures jusqu’à lui donner son aspect actuel : des bâtiments anciens sont modernisés, d’autres nouveaux sont construits, comme la fameuse prison, la Force, pour les femmes aliénées, prostituées ou condamnées, criminelles ou voleuses. Ont été ainsi enfermés en ces lieux les convulsionnaires de Saint Médard (source BIUS), Manon Lescaut, héroïne de l’Abbé Prévost, aumônier à la Salpêtrière lui-même, ou, plus tard, la comtesse de la Motte. Au cours des ans, les locaux réservés aux femmes aliénées ont été individualisés. Il s’agit des fameuses Loges aux folles : au nombre de quatorze au XVIIe siècle, elles sont reconstruites par Viel entre 1786 et 1789. Et c’est dans ces loges de Viel que Philippe Pinel (source BIU Santé) étudie les aliénées, les libère de leurs chaînes et commence son enseignement.

La visite aux folles constituait pour les Parisiens et les étrangers un lieu de promenade, un des éléments du circuit touristique de l’époque. Pendant le XVIIIe et le XIXe siècles, les progrès de la médecine font naître des exigences nouvelles. Pinel, Esquirol, Charcot confèrent à la Salpêtrière (source UPMC) l’image d’un établissement performant où l’importance prise par le traitement des maladies mentales modifie l’organisation globale du service médical.

 

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Une leçon du Dr. Charcot à la Salpétrière - © BIU Santé, Paris

http://www.biusante.parisdescartes.fr/histoire/images/index.php?refphot=...

 

Charcot y crée, avec l’aide de Gambetta, en 1882 la première chaire de neurologie dans le monde. Ses Leçons ont été traduites dans toutes les langues. Ainsi, après avoir suivi des cours auprès de Charcot à Paris, Freud en a proposé la version allemande. Charcot fait de la Salpêtrière un haut lieu de la vie parisienne attirant médecins, écrivains, acteurs, journalistes du monde entier (Alphonse Daudet, Cernuschi, Jules Janin entre autres) qui se rendent régulièrement à ses célèbres Leçons du Mardi (source UPMC). La Salpêtrière subit de profondes mutations tout au long du XXème siècle comme le regroupement avec la Pitié, en 1964, pour former le Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière. Après avoir relégué son activité d’hospice en 1969, la nouvelle entité hospitalière ne cesse de s’agrandir, de multiplier, de parfaire les services et les soins et de s’imposer au niveau national et international, à l’image de sa riche et singulière évolution.

Alina Cantau, Département Sciences et techniques

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