Les Rencontres de Gallica : un chasseur sachant chasser chasse sans son chien

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Publié par Gaëlle Le Page le 7 avril 2017 dans Collections, Rencontres de Gallica

Dans le cadre des Rencontres Gallica, le musée de la Chasse, la revue Billebaude, la compagnie du Singe Debout et la Bibliothèque nationale de France ont le plaisir de vous inviter à une soirée sur le thème du pistage, le mercredi 19 avril 2017.

Livre de la chasse de Gaston Phébus, (Fr 616), f. 57 v

Des premiers chasseurs à nos jours, l’homme a toujours suivi la piste de l’animal. Pour se nourrir, certes, mais aussi l’observer, en connaître les mœurs, les habitudes, le territoire… et pouvoir identifier sa présence à de menus indices. Ce savoir nous a fourni une connaissance de la nature mouvante à mesure que changeaient nos modes de vie et de production.

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La Chasse du loup, nécessaire à la maison rustique, par Jean de Clamorgan (f. 17v et 17r)

Depuis le Moyen Âge, les traités de chasse témoignent de l’ampleur de ces connaissances. Les auteurs-chasseurs, fins connaisseurs du terrain et des mille et une ruses du gibier, s’emploient à transmettre à leurs lecteurs et successeurs leurs savoirs. On peut aujourd’hui retrouver ces connaissances à travers leurs ouvrages :  planches comparatives d’empreintes de chien et de loup dans La Chasse du loup, nécessaire à la maison rustique par Jean de Clamorgan (f. 17v), représentations de bois de cerf permettant d’établir l’âge de la bête et de choisir de le poursuivre ou non dans La Vénerie de Jacques Du Fouilloux, conseils pratiques pour guider les chiens lors d’une chasse en les aidant à ne pas perdre la trace ou à la retrouver quand le gibier rusé a réussi à échapper à leur flair et évocation très concrète de l’étude des crottes de l’animal, qui permettent de déterminer son âge, son état de santé, le moment de la journée où il est passé, tirés du Livre de la chasse de Gaston Phébus (ci-dessus)…

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La Vénerie de Jacques Du Fouilloux, p. 48 et 71

Cette finesse de connaissances que demande et entraîne le pistage, il faut aussi l’envisager du côté animal. En 1768, Charles Georges Leroy (1723-1789), lieutenant des chasses royales, rédige ses Lettres philosophiques sur l’intelligence et la perfectibilité des animaux. Il y décrit, à rebours de son temps, une réelle intelligence animale liée au pistage des proies. Impossible avec notre odorat humain, écrit Leroy, d’accéder aux « rapport et idées que donne au loup et au chien leur nez subtil et toujours exercé ».

Aujourd’hui, alors que le territoire de la faune sauvage est morcelé par les activités humaines, le pistage est devenu un outil scientifique aussi bien que géopolitique pour comprendre les modes de vie des animaux et tenter de cohabiter avec eux. Il change votre regard sur la nature, qui n’est plus uniquement un décor où se déroule la vie des hommes, mais un habitat partagé avec d’autres vivants, y compris en milieu urbain.

La revue de la fondation François Sommer, Billebaude, vous invite  dans son prochain numéro à explorer les différentes façons de suivre la piste des animaux et à voir la nature autrement.

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Couverture du numéro 10 de la revue Billebaude

Conçue en partenariat avec l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, spécialiste du suivi scientifique de la faune sauvage en France, elle accompagne l’exposition estivale du musée de la Chasse et de la Nature, « Animer le paysage, sur la piste des vivants ». Alors que notre imaginaire et nos représentations modernes nous positionnent, nous humains, à l’extérieur du paysage, les œuvres de l’exposition chercheront à nous plonger à l’intérieur, à représenter un territoire vivant, constitué de relations — riches et parfois conflictuelles —, entre humains et non-humains.

Le lancement de la revue se fera lors d’une conférence-spectacle en partenariat avec Gallica et avec la complicité de la Compagnie du Singe Debout. A l’aide d’images et de textes tirés de Gallica, elle explorera la façon dont nous avons délégué au loup domestiqué, il y a environ 35 000 ans, l’activité de pistage essentielle à notre survie.

Cette séance sera présentée par Jade Duviquet, comédienne et metteuse en scène, et Cyril Casmèze, comédien zoomorphe de la Compagnie du Singe Debout.

Rendez-vous le mercredi 19 avril de 19h30 à 21h30 au musée de la Chasse et de la Nature, 62 rue des Archives, 75003 Paris.

RÉSERVATIONS
reservation@chassenature.org
ou 01 53 01 92 40

ACCÈS GRATUIT
Placement libre dans la limite des places disponibles. La nocturne est suivie d’un verre amical offert par le musée.

Gaëlle Le Page (musée de la Chasse et de la Nature)

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