Quand un gallicanaute sonne les trompettes

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Publié par Louis Jaubertie le 3 mars 2016 dans Du côté des Gallicanautes

Professeur de trompette au Conservatoire d'Évry, François Frémeau fait résonner à nos oreilles les trésors qu'il puise dans Gallica. Il nous parle aujourd'hui de ses activités d'enseignement et de son mémoire de recherche.

Classe de trompette, photographiée en 1895 par Eugène Pirou à l'occasion du centenaire du Conservatoire national de musique et de déclamation.

Bonjour François, pouvez-vous nous parler de votre activité ?
Mon activité est actuellement triple. Je suis trompettiste chambriste et d’orchestre au sein de deux ensembles : le Duo Tarsila (avec le guitariste Gonçalo Cordeiro) et le collectif orchestral Code (dirigé par Jérémie Arcache). Avec le Duo Tarsila, nous réalisons de nombreuses transcriptions d’oeuvres du XIXe siècle et du début du XXe (dont de nombreuses pépites trouvées sur Gallica !) ainsi que des créations contemporaines. Avec Code, nous revisitons la place des instruments acoustiques dans les concerts de musique actuelle (hip-hop, électro, pop, etc.).
Par ailleurs, je suis professeur de trompette au Conservatoire à Rayonnement Départemental d’Évry où j’encadre également des ensembles instrumentaux. Gallica me permet ici également de trouver du répertoire libre de droit qui m’évite d’avoir à faire acheter trop souvent des partitions aux enfants et permet donc que la musique soit accessible à tous sans conditions de revenus.
Enfin, je termine la formation diplômante au Certificat d’Aptitude (CA) au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris (CNSMDP). Le CA est un diplôme permettant d’enseigner la musique en conservatoire. Dans le cadre de cette formation, je dois réaliser un mémoire de recherche (sous la direction de Martine Kaufmann) pour lequel je m’aide également grandement de Gallica, comme je vais le détailler ci-dessous.

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(Gaya (de), 1678, fig. 19 p. 142)

Comment est né le blog Les trompettes de la Grande Ecurie du Roi ?
D’une volonté que la recherche soit libre et collaborative. Je suis de très près ce qui se passe actuellement dans l’éducation autour du numérique (ENT, MOOC); j’ai d’ailleurs réalisé récemment une communication à l’Université Laval de Québec autour de l’utilisation des réseaux sociaux dans l’apprentissage de la musique. J’ai eu l’occasion de voir en action une véritable fourmillière de chercheurs sur les réseaux sociaux (notamment Twitter) qui s’entraident et font circuler des liens. Cela permet que la recherche ne soit plus un acte solitaire au XXIe siècle, mais une construction collective. Enfin, je voulais que le fruit des découvertes que je n’allais pas manquer de faire soit facilement accessible à travers des mots clés dans un moteur de recherche, plus facilement qu’un document en papier dans une bibliothèque qu’il faudrait aller consulter. Cela n’a pas vocation à remplacer mon mémoire de recherche qui sera conservé à la Médiathèque Hector Berlioz du CNSMDP, mais peut permettre à des musiciens ou à des chercheurs d’avoir une amorce dans leur recherche ou de compléter un savoir, voire de m’apporter de l’aide ou des précisions sur tel ou tel sujet.

Comment utilisez-vous Gallica dans le cadre de vos activités ?
Dans le cadre des mes trois activités de musicien, professeur et chercheur, j’utilise Gallica quasi-quotidiennement. Que ce soit pour chercher une partition, chercher un livre historique sur tel compositeur ou telle pratique, une chronique sur la première d’un concert dans un journal ancien, etc. C’est une véritable mine d’or ! Pour mes recherches sur le mémoire de pédagogie, Gallica me permet de retrouver des textes de philosophes sur la musique ou l’éducation (autant de livres que je n’ai pas à acheter) et de retrouver des premières éditions ou des manuscrits de partitions du XVIIe siècle. On y trouve même la numérisation des Trompettes du Roi d’Émile Rhodes (descendant de la célèbre dynastie de trompettistes au service de la cour de France depuis des siècles) qui traite très précisément de mon sujet et qui m’a permis notamment de retrouver le propriétaire d’un carnet de partitions que j’ai consulté en me déplaçant physiquement à la BnF. Car bien évidemment, Gallica seul ne suffit pas et je compte, à l’issue de ce travail de recherche, proposer la numérisation de certains documents que j’ai pu consulter à la BnF pour Gallica.

lully_2.png
Alceste de Lully, première partition avec trompettes en France ?

Rencontrez-vous des difficultés propres à votre sujet de recherche ?
La difficulté était le manque de partitions restantes de cette époque. Le règne de Louis XIV est celui où démarre un inventaire complet des partitions et même une réécriture des pièces des règnes précédents qui étaient transmises oralement. C’est André Danican Philidor, gardien de la bibliothèque du roi, qui a regroupé ces partitions. Les difficultés sont doubles. À la Révolution, la bibliothèque du roi a été scindée en trois fonds : la Bibliothèque Nationale de France, la Bibliothèque de Versailles et la Bibliothèque du Conservatoire de Paris. Il faut donc retrouver où a été envoyé tel ou tel document (notamment les partitions). La deuxième difficulté est qu’il reste beaucoup plus de partitions de hautbois ou de timbales que de partitions de trompettes, beaucoup plus rares. J’ai néanmoins, avec le temps, réussi à dépasser ces deux problèmes.

Qui est susceptible de vous aider à découvrir de nouvelles sources ?
N’importe qui, sur Twitter via le hashtag #MémoireTrompette ou en commentant mon blog peut m’apporter des informations sur tout ce qui concerne la trompette au XVIIe siècle en France, quel que soit l’angle : iconographie (l’INHA m’a été d’une grande aide sur Twitter), pratiques (musicales et pédagogiques), partitions, instrumentistes, etc… Cette sérendipité (le fait de découvrir des choses par le hasard) peut permettre de faire des liens passionnants et inattendus entre les disciplines et de penser son sujet autrement.

Vous voulez en savoir plus sur les activités de François, retrouvez là sur :
- son blog Les Trompettes de la Grande Écurie du Roi ;
- sa page Facebook Les Trompettes de la Grande Écurie du Roi ;
- son compte Twitter @FrancoisFremeau.

Vous aussi vous utilisez Gallica pour un projet qui vous tient à cœur et vous souhaiteriez en parler sur le blog Gallica ? N’hésitez pas à nous contacter à gallica@bnf.fr en mentionnant « Billet Gallicanautes » dans l’objet de votre message.

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