A la gloire du roi : portraits de Louis XIV au Grand Siècle

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Publié par Vanessa Selbach et Rémi Mathis le 1 septembre 2015 dans Collections

Si la figure du Roi Soleil continue de marquer les esprits, on le doit largement au pouvoir royal lui-même. Durant la seconde moitié du XVIIe siècle, la production d’estampes en France connaît une croissance sans précédent. Les genres évoluent, c’est la vogue des grands portraits, dont les dimensions ne furent jamais aussi grandes que sous le règne de Louis XIV.

Le portrait permet de conserver le souvenir d’une personne et de ses traits, mais surtout d’en proposer une image, qui relève forcément d’une appréhension sociale et symbolique. La conjonction de l’intérêt du monarque et de celui, bien compris, de quelques artistes mène à des entreprises de glorification de la figure du souverain où l’estampe joue un rôle de premier plan car elle permet de toucher un large public.

Plusieurs de ces entreprises sont directement dirigées par le pouvoir royal, qui désire conserver un certain contrôle sur la production d’images. Ainsi, la liberté accordée au métier de graveur en France ne constitue pas pour autant un blanc-seing : dès 1667, un arrêt du Conseil décrète que seuls les artistes choisis expressément pourront graver les représentations des châteaux royaux et les collections qui s’y trouvent. Colbert crée alors le Cabinet du roi : l’État se fait éditeur d’estampes et entreprend de diffuser lui-même sa réputation, ses richesses, ses demeures, ses œuvres d’art et ses succès militaires pour sa plus grande gloire. Ces estampes sont gravées par les meilleurs artistes du temps, qui font du roi le mécène de sa propre image.

Mais l’exaltation royale n’est pas tout entière organisée par le souverain et ne repose pas que sur quelques génies créateurs. Les estampes populaires chantent également les qualités du roi que l’on retrouve jusque sur les jeux de société, et les éditeurs privés n’ont guère besoin d’être aiguillonnés pour traiter de sujets qui ont les faveurs du public. Les almanachs muraux, dont la publication scande le règne de Louis XIV, en sont un témoignage typique. Ces grandes estampes à afficher au mur, qui comportent un calendrier de l’année à venir et rappellent les principaux événements de l’année précédente avec des titres qui sonnent parfois comme de véritables slogans et proposent des programmes iconographiques tantôt très simples voire burlesques, tantôt très élaborés voire savants.

Pour en savoir plus, l’exposition Images du Grand siècle, consacrée à l’estampe française au temps de Louis XIV, se tiendra à la Bibliothèque nationale de France du 3 novembre 2015 au 31 janvier 2016 .

Vanessa Selbach et Rémi Mathis

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