L'histoire de la dette publique dans Gallica

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Publié par Equipe Gallica le 1 janvier 2013 dans Collections

La lutte contre la crise économique a récemment médiatisé la question de la dette publique.

Du crédit et de la dette publique, ou encore un projet de réduction des rentes 5 pour 100
Source: Bibliothèque nationale de France

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5451567j

 

Grâce au partenariat noué avec la Documentation française dans le cadre d’accords passés entre la BnF et des éditeurs français, vous pouvez faire des recherches dans Gallica sur de très nombreux rapports qui ont tenté depuis dix ans de fournir des diagnostics et de proposer des solutions (trier les résultats de vos recherches avec à gauche de l'écran le filtre Provenance ou sélectionner dans Recherche avancée la case e-distributeurs et faites une recherche par exemple avec le mot "dette") et leur contenu(pour les consulter, vous serez alors redirigés sur le site de la Documentation Française): en particulier les rapports officiels de la Cour des comptes établis en application de la LOLF sur la situation et les perspectives des finances publiques , sur les comptes de l’Etat et sa gestion budgetaire ou les rapports demandés à des experts ou spécialistes (par exemple le rapport Pebereau (2005)).

Mais Gallica permet aussi de mettre en valeur combien ce problème a été récurrent et fut l’objet de débats brûlants dans l’opinion publique. Devant faire face aux conséquences de conflits, aux crises économiques à certains dérapages budgétaires, l’endettement public a atteint des taux élevés, obligeant l’Etat à s’appuyer sur plusieurs remèdes selon la période : favoriser la croissance économique, laisser filer l’inflation, augmenter les impôts voire répudier partiellement une partie de la dette.

On relira ainsi d’abord avec profit les beaux discours de Mirabeau (ceux par exemple des 8 et 19 août 1789 sur l’emprunt, du 23 septembre sur le rétablissement des finances ou du 27 août 1790 sur la liquidation de la dette publique) : et sa phrase célèbre : « la dette publique fut le germe de la liberté. Elle a détruit le roi et l’absolutisme. Prenons garde qu’en continuant à vivre, elle ne détruise la Nation et nous reprenne la liberté qu’elle nous a donnée ».

 

 

Si, suite aux règnes des Bourbons et à l’explosion des dépenses militaires, la situation financière de la monarchie (70% d'endettement en terme de PIB) l’avait en partie menée à sa perte, les politiques révolutionnaires (cf. les fameux assignats) vont aboutir à l’annulation des deux tiers de la dette par le Directoire mais à une perte de confiance de la population. Si les conséquences des guerres napoléoniennes (indemnités) et de la période révolutionnaire (compensation de la confiscation des biens nationaux) aboutissent à une nouvelle hausse, la croissance économique, une forte hausse des recettes fiscales et une politique budgétaire équilibrée permettent de maintenir la dette entre 20 et 40% du PIB.

Dès cette époque (rôle du baron Louis et de Villèle) et pendant tout le siècle, la modernisation du système de finances publiques et de la gestion de la dette ( donnent une place centrale à l’Etat sur le marché financier (émission de titres de rente, de bons du Trésor, voir le traité de A. Leroy-Beaulieu sur les revenus publics ) suscitent l’intérêt des contemporains tel l’ouvrage de J.-M. Gorges de 1884 sur l’histoire de la rente ou ceux deA. Calmon, d’A.-A. Monteil, J.-B. Nervo, J. Bressonsur l’histoire financière de la France

La dette publique ponctionne cependant fortement l’épargne au détriment du secteur privé et favorise la puissance controversée des « rentiers », suscitant de multiples débats.

 

L'impôt d'un sou : tout le monde rentier : 524 francs de rente par tête : toute la dette de l'État dans les mains des travailleurs, son amortissement / [Signé : L. Bouffard]
Source: Bibliothèque nationale de France

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54471151

 

 

Le Second Empire va multiplier cependant les déficits pour financer ses guerres et ses grands chantiers ferroviaires et urbains. Le désastre de 1870 va aboutir à un endettement de 87% pour faire face aux indemnités exigées par l’Empire allemand. La souscription de l’emprunt national lancé rencontre cependant un succès inespéré et ce qui est interprété comme une manifestation de patriotisme de la population permet ainsi de se libérer de tout dépendance financiere vis-à-vis de l’étranger.

Malgré une politique au début orthodoxe, la IIIe République ne parviendra jamais à faire baisser ce taux. L’extinction de la dette devient un sujet de débats et d’inquiétudes des contemporains tel ce plan financier proposé par un notaire lyonnais

Tout au contraire bien avant la théorisation par Keynes des vertus d'une politique de relance de l’économie par l’Etat, il sera décidé de lancer des politiques de grands travaux afin de relancer une économie atone (tel le célèbre plan Freycinetentre 1879 et 1883). Le retour d’une croissance forte avec la seconde révolution industrielle à partir de 1896 permet ainsi de revenir à un taux de 75% en 1914. Ce dernier remonte cependant très vite, malgré les efforts de Poincaré au-delà de 150% au début des années trente suite aux conséquences de la Grande Guerre (explosion des dépenses publiques, dommages de guerre et problème des réparations), à l’affirmation de l’Etat-providence et à la crise de 1929, générant de manière combinée déflation et retour de forts déficits publics.

C’est finalement l’importance de l’inflationdès la fin des années trente associée avec la croissance des trente Glorieuses qui va laminer le poids de la dette, aboutissant à une réduction vertigineuse de celle-ci à moins de 15% au début des années 1970.

Publié initialement le 2 octobre 2009.

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