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Les grandes épidémies en France

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1 janvier 2013

Fléaux dévastateurs, les épidémies ont profondément influencé l’évolution biologique, socio-culturelle, économique, politique et démographique des populations humaines en laissant des traces durables dans les esprits et dans les moeurs. Pour une vue d’ensemble sur le sujet vous pouvez consulter l’Histoire médicale des maladies épidémiques par J.-A. Ozanam, docteur à l’Hôtel-Dieu de Lyon au début du XIXe siècle.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4414793.image.f443

 

Au Moyen Age, les épidémies apparaissent comme une punition des méfaits des hommes et un signe de la colère divine. La grande peste ou «la peste noire» (1347-1352) a totalement désorganisé la société moyenâgeuse, faisant disparaître la moitié de la population européenne soit 25 millions de personnes. Elle a eu certainement le même bilan dramatique en Asie où elle a commencé à se propager.

A la Renaissance, la syphilis (appelée vérole à l’époque) est considérée comme un des fléaux majeurs avec la rougeole, la grippe ou le typhus. Jean Fernel (1497-1558) décrit, à l’aube de l’imprimerie, les maladies épidémiques, assez négligées par la littérature médicale de son temps.

Au XVIIe siècle, une nouvelle épidémie de peste sévère a sévi en France entre 1629 et 1631. Un Bureau de Santé a été mis en place à Lyon pour une surveillance rigoureuse. « Des médecins et chirurgiens de peste » apparaissent, rémunérés par ces bureaux de santé et se distinguent facilement : ils portent un bâton de couleur, sont revêtu d’un manteau noir, la tête recouverte d’un capuchon empli de plantes odorantes destinées à les protéger des miasmes.

Le fléau de la peste est de retour au XVIIIe siècle lorsque le 27 mai 1720 le navire « Grand Saint-Antoine » en provenance de Syrie débarque à Marseille et répand la maladie responsable de la mort de 40 000 personnes dans la ville et de plus de 100 000 en Provence, entre 1720 et 1722.
A la fin du siècle, l’armée de Napoléon retrouve l’épidémie au moment de la campagne de Syrie et Gros, peintre de cour, immortalisa l’empereur qui rendit visite aux pestiférés de Jaffa.

 

img2_17.jpg

Napoléon visitant les pestiférés de Jaffa (BIUM)

http://blog.bnf.fr/uploads/gallica/2010/07/napolaonpestiferesjaffa.jpg

 

Les épidémies de choléra (du grec kholéra « flux de bile ») ont marqué le XIXe siècle et la littérature médicale sur ses causes et les moyens de l’éviter a été conséquente. Nous pouvons retrouver dans Gallica plusieurs centaines de titres sur le choléra et sa prophylaxie, des ouvrages des médecins réputés comme D. J. Larrey, F.J.V. Broussais, G. Dupuytren ou S. Hahnemann ou bien des revues comme la Gazette médicale de Paris, témoin journalier de l’épidémie de 1832-1833, qui a entraîné la mort de 160 000 personnes. Le 1er mars 1849, une seconde épidémie ravage la France, puis encore une à partir de 1854. C’est Robert Koch qui découvrira le bacille responsable du choléra en 1883.
En France, le choléra a entraîné la création de plusieurs organismes de santé publique et ses conséquences politiques, démographiques et sanitaires ont poussé les gouvernements à des réalisations architecturales et d’urbanisme mieux adaptées aux contraintes de l’hygiène publique.

Pour terminer cette chronologie, si vous êtes intéressés par le XXe et le XXIe siècle vous pouvez découvrir dans la salle C de la BnF une sélection d’ouvrages sur les épidémies récentes.

Alina Cantau - Département Sciences et techniques

Publié initialement le 7 juillet 2010.

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