« Et le mardi au matin, fut trouvé le duc de Bourgogne »

0
Publié par Judith Ducourtieux le 1 janvier 2013 dans Collections

Charles le Téméraire, Duc de Bourgogne, éternel adversaire du royaume de France par Suisses et Lorrains interposés, a fasciné le XIX° siècle.

Walter Scott. Charles le Téméraire, traduction de M. Daffry de La Monnoye (1887)

http://blog.bnf.fr/uploads/gallica/2009/11/charles-le-tamaraire.png

 

Au contraire, son ennemi Louis XI, dont l’historiographie trace un portrait bien moins indulgent a une image bien plus négative, aussi bien chez les historiens que chez les romanciers.

Curieusement, le prince bourguignon est célébré par les historiens pour l’organisation de son armée et ses qualités de chef alors que sa carrière militaire a pu être réduite à la liste de ses défaites : « il perdit ses richesses à Granson, ses hommes à Morath et la vie à Nancy »

Il faut surtout reconnaître au Téméraire le talent d’avoir fournit à la littérature romantique une source inépuisable d’intrigues tortueuses et de décors pittoresques. Walter Scott en a fait le héros de l’un de ses romans comme il l’a aussi été de poèmes épiques.

La bataille de Granson est racontée, après Commynes, par Alexandre Dumas, mais de nombreuses allusions y sont faites dans des poèmes. Morat apparaît dans Le Solitaire, de d’Arlincourt, et Dumas s’y arrête aussi lors de son voyage en Suisse.

Il a particulièrement bien réussi sa mort au cours du siège de Nancy, avec corps retrouvé dans la neige au bout de trois jours et hurlements de loup. On peut en lire des versions théâtrales, par Guibert de Pixérécourt ou Delavigne, romanesques, par Collin de Plancy, en vers

Le duc d’Orléans commande un tableau à Delacroix sur ce sujet, mais de nombreux peintres ou dessinateurs à la renommée plus locale s’en inspirent aussi.

Mais sa vie agitée continue même après sa mort : son premier tombeau , dans la Collégiale Saint-Georges de Nancy détruite au XVIII° siècle n’ est plus connu que par des dessins. Et le mystère reste entier : le corps qui a été transféré à Bruges en 1550 à la demande de Charles Quint, est-il vraiment le sien ?

 

img2_10.png

Chr. Pfister, Histoire de Nancy, tome 1, Nancy, Berger-Levrault, 1902, p. 535

http://blog.bnf.fr/uploads/gallica/2009/11/charles-le-tamaraire1.png

 

Judith Ducourtieux - Direction des collections. Département Philosophie, Histoire, Sciences de l'Homme.

Publié initialement le 2 novembre 2009.

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.