Des Phares et des Hommes

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Publié par Louis Jaubertie le 1 janvier 2013 dans Collections

En 1611, le phare de Cordouan, le plus ancien phare de France en activité et habité, situé à l’entrée de l’estuaire de la Gironde, est achevé. Six phares jalonnent la côte française à la fin du XVIIe siècle, quinze en 1770. A l’époque, l’allumage se fait encore par un feu de bois sur une plateforme. Coûteux et incommode, ce système est remplacé par celui des lampes à huile munies de réflecteurs à partir de 1770, méthode qu’on améliore en utilisant un mécanisme d’horlogerie et des miroirs paraboliques à partir de 1787. En 1791, le phare de Cordouan est équipé de douze miroirs paraboliques de quatre-vingt-un centimètres construit par Étienne Le Noir sur les indications de Borda. C'est alors le phare le plus puissant du monde.

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Les miroirs ne donnent pourtant pas pleinement satisfaction. A partir de 1813, le ministère de la Marine confie à François Arago et Augustin Fresnel le soin d'améliorer le système d’éclairage des phares. Fresnel pense que des lentilles sont plus adaptées que des miroirs pour concentrer la lumière. Il présente en 1819 à l’Académie des Sciences un Mémoire sur un nouveau système d’éclairage des phares. Le système est installé le 20 juillet 1823 au phare de Cordouan, et rencontre très vite un grand succès. Un programme général d'éclairage des côtes françaises est lancé.

En août 1881, le phare d’Ar-Men, « l’enfer des enfers » à l’extrémité de la Chaussée de Sein, est mis à son tour en service.

 

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Le Magasin pittoresque / publié... sous la direction de M. Édouard Charton
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Fruit de quatorze ans de travaux, le phare d’Ar-men accueille des gardiens jusqu’au 10 avril 1990, date de la dernière relève et de l’automatisation du phare.

Puis c'est au tour du phare de la Jument, situé au large de l’île d’Ouessant, à l’entrée des courants violents du Fromveur, d'être allumé le 15 octobre 1911.

"Enfers" des phares de pleine mer, "purgatoires et paradis" des phares établis sur une île ou à terre, c'est à travers ce classement que les gardiens de phares français exprimaient la diversité de leurs conditions de vie et soulignaient en particulier l’extrême âpreté des conditions de travail dans les phares de pleine mer battus par les vents et les tempêtes.

Pour célébrer les quatre cents ans de Cordouan, les cent trente ans d’Ar-Men et les cent ans de la Jument, le département Sciences et techniques propose une sélection de documents à consulter en salle C, ainsi qu’une bibliographie sélective.

Louis Jaubertie - direction des Collections, département Sciences et techniques.

Publié initialement le 9 août 2011.

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